DDay75 : Les éléments symboliques de la remise des bérets verts

Publié le 6 Juin 2019 à 20:01

©C.HUGE/Marine nationale

Symbole de vaillance et d’excellence, le béret vert des commandos Marine est porté « couché à droite », le badge à gauche « à l’anglo-saxonne ». Cette façon de porter le béret est une originalité au sein des armées françaises, souvenir de la constitution de ces commandos français en Écosse en 1942.

 

En mars 1941, le capitaine de corvette Kieffer réussit à persuader le commandement français à Londres de joindre un groupe de volontaires français aux britanniques qui viennent de créer une unité commando. En 1942, après une première sélection déjà éprouvante, quarante français sont formés pour la première fois à l’école des commandos anglais à Achnacarry, en Écosse. Rien ne leur est épargné : exercices avec tirs réels, corps à corps, combat à l’arme blanche, explosions de mines sur les parcours.

 

C’est également à partir de 1942 que les hommes du commandant Kieffer arborent le béret vert pour la première fois, plutôt que les coiffes propres à leurs diverses unités d’origine. En 1944, le badge du 1er bataillon de fusiliers marins commandos (1er BFMC) viendra s’y épingler. Il sera remplacé par le « badge commando » en 1945.

 

Le 6 juin 1944, après de nombreux raids menés le long des côtes européennes, 177 commandos français participent au Débarquement sur la plage de Colleville-Montgomery, sous les ordres de Philippe Kieffer, au sein du Commando n°4 de la 1ère Brigade spéciale britannique. Après la prise de Ouistreham, la mission du Jour J du 1er BFMC est remplie. L’unité aura perdu 10 des siens en quelques heures. Le 1er BFMC va ensuite participer à la bataille de Normandie avec des combats difficiles comme au bois de Bavent et à l’Epine. La libération de la Normandie va durer 13 semaines pour le bataillon et 7 des siens disparaîtront dans la tourmente.

Ils ne sont plus que trois de ces 177 marins encore en vie pour transmettre leur témoignage : Léon Gautier (96 ans), Jean Morel (96 ans) et Hubert Faure (105 ans).

 

Le 24 février 2019, Jean Masson, qui comptait parmi les premiers commandos Marine, s’est éteint. Il avait choisi de rejoindre l’Angleterre et la France Libre en 1941. Arrêté puis emprisonné en Espagne pendant deux mois, il était arrivé à Barcelone en 1942, avant de rejoindre la Grande-Bretagne le 1er janvier 1944. Aussitôt, il s’était porté volontaire pour rejoindre les commandos Marine du 1er BFMC. Rapidement blessé par un tir de mortier le 6 juin 1944, il sera évacué deux jours plus tard. Une fois remis de sa blessure, il participera au débarquement à Flessingue (Pays-Bas) où les commandos Marine mèneront un combat acharné. Il participera également à toute la campagne de Hollande et d’Allemagne qui suivra.

 

L’héritage de ces hommes d’exception, refusant la défaite et combattant pour la liberté de la France, est porté haut par l’ensemble des fusiliers marins et commandos Marine. Des 177 pionniers à leurs héritiers, les commandos Marine cultivent cette tradition d’exigence, de résistance et d’esprit d’équipage.

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