Bilan « Police des pêches » des forces de souveraineté

Publié le 13 Février 2019 à 17:15

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La France est un des seuls États au monde riverain de cinq océans, avec près de 19 000 km de littoral. Et 97 % des 11,2 millions de km2 de zones économiques exclusives (ZEE) se situent en outre-mer. La protection de ces espaces et de ces approches est une priorité, à laquelle participent les armées notamment dans le cadre de la mission de police des pêches. Celle-ci s’inscrit dans un cadre européen et interministériel mobilisant tous les services de l’Etat.

Les actions de police des pêches comprennent diverses opérations: observation des activités de pêches, interrogation de navires de pêche, vérification des journaux de bord, examen des captures, des installations de stockage ou de traitement, vérification des engins de pêche et contrôle des maillages, appréhension des navires, matériels et produits de la pêche, rédaction de procès-verbaux d’infraction voire déroutement.

En 2018 les moyens aériens et maritimes des armées déployés au sein des forces de souveraineté ont consacré à ces opérations près de 500 heures de vol et 1100 jours de mer, débouchant sur la réalisation de plus de 300 actions de contrôle et la saisie de 106 tonnes de pêche illicite.

Le bilan de cette action varie selon les zones, et dépend de la situation de chaque force de souveraineté.

L’activité a été particulièrement élevée pour les Forces armées en Guyane et les Forces armées de la Zone Sud Océan Indien, qui sont confrontées à des pêcheurs illégaux particulièrement actifs, en raison de la forte pauvreté dans leurs pays d’origine. Ces deux forces ont réalisé à elles seules l’ensemble des saisies de produits la pêche de l’année, avec 40 tonnes pour les FAG et 66 pour les FAZSOI.

Elle a également été très importante pour les Forces armées en Polynésie française, mais pour des infractions mineures, comme le défaut de présentation de certificat de navigation et de document administratif, dont l’ampleur n’était pas de nature à justifier la saisie ou le déroutement des navires. Aucun navire n’a été constaté en action de pêche dans la ZEE française en 2018. Cette surveillance s’est exercée notamment sur la ZEE de Clipperton, située à plus de 12 jours de mer de Tahiti, et repose sur une analyse des données électroniques centralisées au centre maritime commun de Polynésie française et sur l’emploi de l’imagerie satellite pour un emploi plus ciblé des aéronefs et des bâtiments des forces armées. Ce dispositif, est efficient grâce au ciblage, visible via des vols réguliers inopinés et la présence régulière de bâtiments en mer, et non prédictible, ce qui le rend dissuasif : les flottilles de pêche étrangères demeurent à l’extérieur de la ZEE.

Elle a été moindre pour les Forces armées aux Antilles, dont les moyens sont avant tout consacrés à l’activité de lutte contre les narcotrafics. Dans le cadre de leur activité de police des pêches, les moyens ont été plus particulièrement dédiés à la surveillance des zones d’interdiction de pêche contaminées par le chlordécone, ainsi que par la surveillance de pêches saisonnières fortement réglementées, relevant un faible nombre d’infractions dont une seule a entraîné la saisie de casiers installés dans une zone interdite à la pêche.

Enfin les Forces armées en Nouvelle Calédonie, tirant le bénéfice les succès rencontrés les années passées, ont quant à elles pu consacrer leurs efforts au-delà de leur ZEE, en menant des missions de contrôle des pêches dans le cadre de la coopération régionale de gestion de la pêche, la Commission des pêches pour le Pacifique occidental et central (WCPFC). Sept contrôles ont été conduits par le patrouilleur de la Marine « La Moqueuse » et ont révélé quatre suspicions d’infractions, relayées à la WCPFC.

Sources : État-major des armées
Droits : Ministère de la Défense

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