L’Astrolabe retrouve la terre Adélie

Publié le 29 Novembre 2018 à 15:34

© Marine nationale

Le patrouilleur polaire L’Astrolabe a réalisé sa première rotation de l’été austral entre Hobart et la terre Adélie au profit de l’Institut polaire français (IPEV) et des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). Parti le 6 novembre de Tasmanie, il a fait étape le 9 novembre à proximité de l’île australienne de Macquarie pour y débarquer 11 personnes. Puis il a accosté à la station Dumont d’Urville le 15 novembre.

 

Outre les 18 passagers débarqués, il a pu livrer 485 m3 de gazole « special antarctic blend » ainsi que 150 tonnes de fret à la station. Fait rare, un accostage à Dumont d’Urville dès la première rotation au mois de novembre ne s’était pas vu depuis la saison 2006.

Vivez le temps d’une traversée la vie des marins de L’Astrolabe…

« Il a d’abord fallu retourner affronter les quarantièmes rugissants, les cinquantièmes hurlants et les soixantièmes mugissants. Traverser le royaume des tempêtes. Se faire bercer violemment, comme à chaque fois que l’on prend le large et que l’on quitte Hobart. Accéder à l’exceptionnel a un prix. Il nous demande de serrer les dents. Et cette première rotation n’a pas fait exception à la règle. Là-bas, la mer n’est jamais clémente. La brume se densifie. Elle nous enveloppe de gris. L’ambiance est surnaturelle. On traverse cette fameuse zone de convergence antarctique qui marque la limite des eaux glaciales. Ce phénomène météorologique, c’est la porte d’un autre monde. Un monde où presque personne ne va. « Toujours plus sud ».  Le brouillard se dissipe lentement et les premiers icebergs se montrent. Ils se font de plus en plus en plus nombreux, de plus en plus majestueux. Ils nous conduisent  vers le pack immaculé. Le bleu sombre de l’océan et le bruit des  vagues qui se fracassent violement contre le rouge vif de la coque disparaissent et laissent place au paradis blanc. Les éléments se stabilisent. Les passagers se verticalisent de nouveau et ressurgissent de leurs cabines, un appareil photo autour du cou.  On navigue dans les glaces. L’excitation bat son plein. La passerelle est en émulsion et ressemble à un énorme cockpit d’avion en lévitation au-dessus des nuages.  C’est au tour du bateau d’être violent face aux éléments. Il use de ses quelques 4200 tonnes d’acier pour fendre la glace. Impitoyable. On entend craquer et frotter. Une bonne étoile nous conduit à franchir cette glace rapidement. Et nous voilà déjà dans la polynie, cette zone d’eau laissée libre par une banquise qui a débâclée exceptionnellement tôt. Elle nous donne accès au continent Antarctique : nous sommes le 15 novembre 2018 et nous voilà ! L’Astrolabe est aux pieds de Dumont D’Urville où il s’apprête à recevoir un accueil chaleureux et apprécié. Les opérations de déchargement et de ravitaillement sont un succès, elles s’effectuent rapidement sous un soleil qui rappelle à l’ordre sur le champ quiconque se serait abstenu de crème solaire. Le temps d’immortaliser la richesse des paysages et de la faune locale qui donnent de l’éclat aux pupilles. Une ou deux poses avec des  manchots empereurs pour le panache et une raclette sur la banquise pour ajouter de l’exceptionnel à l’aventure. Il est temps de reprendre la mer. Terre Adélie : A bientôt ! »

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