Avenir - Demain, les drones

Publié le 9 Juillet 2018 à 17:29

© Marine nationale

SLAMF : un programme pour changer de modèle

Entre 2022 et 2030, le programme « système de lutte anti-mines futur », dit SLAMF, remplacera 19 navires actuellement dédiés à la lutte contre les mines : 11 chasseurs de mines (CMT), 3 bâtiments remorqueurs de sonars (BRS), 4 bâtiments bases de plongeurs démineurs (BBPD) et le bâtiment d’expérimentation de guerre des mines Thétis, ainsi que le système d’exploitation des données de guerre des mines (SEDGM). Ce programme a pour objectif de fournir une capacité pouvant opérer à une distance accrue face à la menace mines, grâce à l’emploi de systèmes de drones. Par ailleurs, certaines capacités seront améliorées : opérations de guerre des mines par grands fonds (jusqu’à 300 m) 

déploiements en opérations extérieures ou encore aptitude à opérer discrètement.  

L’étape 1, dont la réalisation sera lancée en 2020 et achevée en 2022, doit aboutir aux premiers systèmes de drones MLCM (modules de lutte contre les mines), opérés depuis la terre 

(à Brest et à Toulon) en soutien de la dissuasion. Les étapes 2 et 3 fourniront en particulier les plateformes BGDM (bâtiments de guerre des mines). Entre 2022 et 2030, la Marine se dotera d’une capacité hauturière offrant une capacité de protection et de projection avec l’acquisition de bâtiments support de guerre des mines, de bâtiments base plongeurs démineurs nouvelle génération et 4 MLCM supplémentaires.

MMCM : un prototype de drone franco-britannique 

« Le principe est d’éloigner l’homme de la menace lorsque c’est possible, expliquent le capitaine de frégate Pierrick, officier de programme guerre des mines/SLAMF, et le capitaine de corvette Augustin, en charge de la planification des futures capacités de guerre des mines à l’état-major de la Marine. Si la menace est avérée, le drone sera utilisé en priorité. Il y aura davantage de robotisation et d’automatisation avec les drones. »

Néanmoins, les engins ne remplaceront pas le plongeur démineur. « L’opposition des drones et des plongeurs est une opposition artificielle. Dans la guerre des mines, nous utilisons depuis les années 1970 des robots mis en œuvre par des plongeurs (poisson autopropulsé, “PAP”). Avec SLAMF, on redessine la répartition des tâches, on combine des moyens qui restent complémentaires », résument-ils. Les plongeurs profiteront de ce virage technologique pour accroître leurs compétences, sans perdre les initiales. « Les drones étant plus sophistiqués, le travail de plongeur devient plus technique, dans l’eau et en dehors. Il faut oublier l’image d’Épinal du plongeur tout seul avec son poignard et sa paire de palmes », insiste le capitaine de corvette Augustin. 

Pour confirmer la maturité des solutions fondées sur des drones de surface et sous-marins, un prototype de système de drones est en cours de réalisation par Thales dans le cadre du programme franco-britannique MMCM (Maritime Mine Counter Measures), confié à l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement (OCCAr). Livré fin 2019, ce prototype sera auparavant évalué sur 4 scénarios opérationnels en Bretagne et en Écosse, dans des conditions environnementales exigeantes. Le défi est de taille.

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