Les cursus - Des plongeurs de bord aux nageurs de combat

Publié le 9 Juillet 2018 à 16:26

© J. Rappin / Marine nationale

Les plongeurs de bord (PLB)

Nombre : 1 170

Durée du cours : 6 semaines

À l’École de plongée à Saint-Mandrier, le stage plongeur de bord (PLB) forme des marins aux missions d’entretien courant (plongée sous coque), de sécurité et de sûreté à bord des bâtiments. Ils peuvent aussi effectuer des interventions nécessitant l’utilisation d’outils sous-marins en cas d’urgence. Grâce à cette certification, le marin peut élargir ses compétences et ses capacités d’action, tout en conservant sa spécialité de base.

« J’invite tous les marins, en particulier les jeunes, à s’entraîner et à s’inscrire pour le stage plongeur de bord, insiste le capitaine de vaisseau Bertrand, commandant la Cellule de plongée humaine et d’intervention sous la mer (Cephismer). Il permet de développer ses capacités et repousser ses limites, de prendre confiance en soi. À bord des bâtiments, un certificat plongeur de bord permet aussi de réaliser d’autres missions que celles liées à sa spécialité, de partir en Zodiac, de s’évader. C’est l’émerveillement de la plongée. »

Le stage PLB reste le passage obligatoire pour devenir plongeur d’armes (plongeur démineur ou nageur de combat). C’est un cours dense et exigeant qui est devenu le creuset de la formation initiale des plongeurs des trois armées et de la gendarmerie. Il est inclus dans la formation des candidats plongeurs d’hélicoptère (PLH) recrutés uniquement parmi les spécialistes de la maintenance de l’aéronautique navale.

Les plongeurs démineurs (PLD)

Nombre : 320

Durée du cours : 1 an

Chaque année, l’école de plongée accueille 24 BAT (brevet d’aptitude technique), 12 BS (brevet supérieur) et 8 officiers pour en faire des plongeurs démineurs. Durant cette formation exigeante physiquement et mentalement, les stagiaires, selon leur catégorie, apprennent à plonger et diriger un chantier de plongée jusqu’à 80 mètres avec un recycleur, utiliser des explosifs, effectuer des recherches sous-marines, neutraliser des munitions conventionnelles, réaliser des travaux sous-marins ou mettre en œuvre un caisson de recompression. Cette formation complète permet d’être polyvalent et immédiatement employable sur chasseur de mines ou au sein d’un groupe de plongeurs démineurs.

Les plongeurs d’hélicoptère (PLH)

Nombre : 60

Durée du cours : 2 ans

En complément du stage PLB, les candidats à la filière PLH (12 par an en moyenne) suivent une formation spécifique d’une semaine à l’école de plongée pour se familiariser avec l’appareil respiratoire pour plongeur hélico (ARPH), le reste s’effectuant au sein des bases d’aéronautique navale (BAN). L’objectif est d’acquérir l’aisance aquatique nécessaire pour plonger seul jusqu’à 15 mètres de profondeur lors d’interventions héliportées. Une excellente condition physique est essentielle pour réussir ce stage. Durant leur formation, les élèves découvrent les spécificités d’organisation d’une plongée à partir d’un hélicoptère, apprennent à utiliser et maintenir en condition opérationnelle leur équipement et approfondissent les contraintes physiologiques relatives au vol après plongée.

Les nageurs de combat (NC)

Nombre : 90

Durée du cours : 7 mois ½ 

Le cursus d’un nageur de combat est le cursus d’un commando marine, jusqu’au niveau du BAT. Le marin commence sa formation comme fusilier marin puis suit le stage commando élémentaire. S’il l’obtient, il rejoint une unité commando. Après le BAT, il pourra être candidat au cours nageur. 

Ce cours consiste à préparer les élèves à mener un projet d’attaque nageur, de la préparation en amont à l’action sous-marine finale. À l’issue de ce cours, les nageurs de combat certifiés sont affectés au commando Hubert. Ils deviennent alors les experts de l’action spéciale sous-marine. Leurs missions : contre-terrorisme, libération d’otage, reconnaissance et destruction d’objectif, renseignement.  

Interview

CF Tanguy, commandant de l’école de plongée « Un mélange d’exigence et de bienveillance »

Quelles sont les caractéristiques de l’école de plongée ? 

Historiquement, l’école de plongée est avant tout une école de la Marine. Elle a été fondée il y a 60 ans, en 1958, avec des cours nageur de combat, plongeur démineur et plongeur de bord. Dans son évolution, elle sert aujourd’hui de socle initial à la formation à la plongée de toutes les armées, grâce au stage de plongeur de bord. 

L’école est organisée en 4 groupements d’instruction : actions offensives (NC), intervention plongée guerre des mines (PLONG DEM), IR (stage PLB), eaux intérieures (plongeurs de combat du génie). 

 

Combien de plongeurs formez-vous ?  

Nous accueillons jusqu’à 24 nageurs de combat (dont la moitié réussit), 24 plongeurs du génie et 24 plongeurs démineurs avec un taux de réussite de 65 %. Nous pouvons accueillir et former jusqu’à 200 plongeurs de bord chaque année à raison de 5 stages PLB par an et 40 élèves par session. Le taux de réussite varie entre 70 et 75 %. 

Nous sommes également en charge des sélections des stages de surveillance sécurité plongée. Au total, nous accueillons 500 stagiaires élèves par an, soit 22 000 plongées par an toutes plongées confondues (dont celles des instructeurs). 

 

Comment enseignez-vous la plongée ? Quelle est votre pédagogie ? 

Ici, la plongée n’est qu’un vecteur pour remplir une mission. La pédagogie est adaptée. Dans l’apprentissage de nos procédures de plongée et d’activités subaquatiques en général, il y a une dimension technique très importante que l’on cherche à renforcer. C’est au cœur de notre pédagogie : comment apprendre le geste technique à chaque élève ayant des processus d’apprentissage différents. Nous essayons de les mettre en confiance et de les rendre le plus autonome possible. 

Nous travaillons beaucoup sur la gestion du stress et la préparation mentale type sportif de haut niveau. Nous avons engagé un réserviste qui s’occupe à la fois de la préparation mentale et du coaching sportif. Il donne des outils à nos élèves et nos instructeurs pour mieux se préparer avant d’aller à l’eau. Nous nous intéressons sur le long terme aux neurosciences dans le cadre de l’apprentissage des savoir-faire.

 

Quel est le niveau d’exigence ?  

Il faut qu’il y ait un mélange d’exigence et de bienveillance. On demande à nos instructeurs d’être à la fois justes et fermes dans l’évaluation pour tirer nos élèves vers le haut. Demain, ils auront des métiers opérationnels exigeants, notamment pour les nageurs de combat ou les plongeurs démineurs. L’idée est d’avoir un plongeur opérationnel, capable de plonger en sécurité et de réaliser sa mission, avec une capacité de remise en cause. Il faut avoir balayé l’ensemble des scénari. Nous faisons le maximum pour qu’ils soient prêts à l’emploi.

 

Lycée Conflans-Sainte-Honorine 

Depuis la mise en place en 2006 d’un partenariat Marine nationale/Éducation nationale sous l’impulsion du capitaine de corvette (R) Michel, le lycée Simone Weil de Conflans Sainte-Honorine, unique en son genre, recrute chaque année 12 jeunes âgés de 17 à 24 ans dès leur bac en poche. 

Leur seul et unique objectif : intégrer l’École de plongée de la Marine pour devenir plongeur démineur. La formation se déroule dans un premier temps pendant 7 mois au lycée. « C’est une formation où l’on se perfectionne dans le domaine de la plongée. On y fait pas mal de sport, il y a de la cohésion, de la camaraderie. C’est vraiment une grande famille. C’est une superbe expérience que je recommande vivement », confie le matelot David, élève au Brevet d’aptitude technique Plongeur.  

Les apprentis plongeurs rejoignent ensuite la Marine pour suivre une formation de plusieurs semaines au Centre d’instruction naval (CIN) et à l’École de plongée situés à Saint-Mandrier (Var). Le candidat qui arrive avec succès en fin de cursus se voit attribuer la qualification de 

« plongeur de bord ». S’il est apte et réussit les tests de sélection, il peut alors suivre le cours de spécialité de plongeur démineur. « Depuis 12 ans, ce lycée nous a apporté plus de 30 % des PLONG DEM brevetés », précise le CF Tanguy. Il ajoute : « Cette formation fait mûrir des jeunes qui ne sont pas toujours prêts à rentrer dans les armées. À l’avenir, nous voulons en faire une formation diplômante et la pérenniser. » 

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