Ce qu’ils en disent - « Un beau challenge »

Publié le 12 Juin 2018 à 15:37

© F. LE BIHAN/MN - Des tacticiens aéronautiques français de Hawkeye et un pilote américain de F18 en briefing avant une mission conjointe dans une salle d’alerte du porteavions USS George H.W. Bush, au large de Norfolk, le 14 mai 2018.

Témoignages de marins embarqués sur l’USS George H.W. Bush

 

Lieutenant de vaisseau Hassann, tacticien aéronautique (TACAé) à la Flottille 4F    

« Chesapeake est un déploiement particulier pour moi car j’ai obtenu la qualification de Combat Information Center Officer (CICO), responsable tactique de mission, à partir du porte-avions USS George H.W. Bush. J’ai également dépassé les 1 000 heures de vol en Hawkeye à l’occasion du convoyage aller en passant par le Groenland et le Canada. C’est aussi une chance de pouvoir reprendre la mer et de découvrir les spécificités de l’US Navy. »

 

Commander(1) Damon, commandant en second du squadron VFA-31 (F-18 Super Hornet)    

« La Marine française peut opérer à bord de l’USS G.H.W. Bush, apponter et être catapultée de la même façon que nos avions. Dans les différents exercices, les Français ont été très bons avec des procédures relativement similaires et c’est vraiment une super expérience. Lors du NATO Tatoo Festival à Norfolk, j’ai volé à deux reprises en tant que leader d’une patrouille serrée franco /américaine ; c’était un beau challenge. »

 

Capitaine de corvette Bryan, pilote de chasse américain affecté en flottille de chasse embarquée française    

« Chesapeake, c’est l’opportunité pour moi de faire le lien entre les pilotes américains et français. L’essentiel selon moi a été principalement l’entente et la coopération entre les pilotes. 

Malgré plus de 200 appontages sur porte-avions américain, j’ai dû retrouver mes sensations. J’ai même pu me requalifier de jour sur un porte-avions américain, une première pour moi en Rafale Marine. »

 

Lieutenant(2) Bethany, Shooter boss sur le porte-avions USS Bush    

« Pendant Chesapeake, nous avons appris à catapulter les Rafale Marine depuis notre porte-avions. On a des procédures un peu différentes : nous, nous faisons tout soit depuis le pont d’envol, soit depuis la cabine de catapultage. Voir des Français catapulter leurs Rafale Marine avec nos équipes est un beau défi. C’est une super expérience pour nous tous de comparer nos différentes procédures. »

 

Enseigne de vaisseau de 1re classe William, ingénieur catapulte du porte-avions Charles de Gaulle    

« J’ai constaté quelques différences avec les procédures chez mes équivalents américains. Ils observent différemment l’environnement puisqu’ils peuvent catapulter et apponter en même temps. Nous avons appris à comprendre la gestuelle américaine et, à l’inverse, ils ont appris à utiliser notre gestuelle pour que les pilotes puissent mieux comprendre. »

Lieutenant commander(3) Winston, Aircraft Handling Officer de l’USS Bush    

« Nous avons beaucoup appris sur le Rafale, car la façon de travailler avec cet avion sur le pont d’envol diffère du F18. Mais cela ne nous pose aucun problème, bien au contraire, on apprend et c’est tout l’intérêt de cette mission. En dehors de ça, nous travaillons de la même façon, nous utilisons les mêmes procédures qu’il s’agisse de maintenance ou d’organisation sur le pont d’envol. I’m having a great time ! »

 

Lieutenant de vaisseau Bruno, officier pont d’envol et hangar du Charles de Gaulle    

« Les méthodes de nos homologues sont quasiment similaires aux nôtres, à l’exception de quelques gestes. On est totalement plug and play

L’USS Bush dispose d’une capacité de catapultage et d’appontage simultanée. Mais loin de nous éloigner, cette différence enrichit nos connaissances. C’est une opportunité extraordinaire d’échanger et de travailler en coordination avec les marins de l’US Navy. »

 

Maître Laetitia, adjointe au chef du bureau maintien de la navigabilité de la flottille 4F    

« J’avais hâte de reprendre la mer. Embarquer sur le porte-avions USS Bush a été une belle expérience, surtout que j’ai pu être catapultée pour la première fois à bord d’un C-2 Greyhound ! Nous avons eu des échanges très réguliers et faciles avec nos collègues américains car nous travaillons sur le même type d’avion. »

 

Quartier-maître Geoffrey, chargé de la maintenance aéronautique au sein de la flottille 17F    

« Mon métier, c’est de remettre en condition les Rafale Marine pour qu’ils soient prêts à voler. C’est moi aussi qui installe le pilote, qui l’attache, vérifie les branchements, les harnais, les radios. Les Américains nous aident bien quand on a besoin, c’est sympa ! 

Pendant Chesapeake, c’est la première fois que je fais démarrer les moteurs à bord d’un porte-avions. »

 

Major Maud, responsable des systèmes d’informations et de communication du GAé    

« On a installé un petit réseau local français à bord de l’USS Bush qui nous permet d’échanger des informations opérationnelles, principalement pour gérer la navigabilité des aéronefs, vitale pour leur mise en œuvre. Notre objectif pour Chesapeake était que les marins français puissent communiquer et utiliser les différents réseaux. Je pense pouvoir dire que nous avons rempli notre mission. » 

1. Capitaine de frégate.

2. Lieutenant de vaisseau.

3. Capitaine de corvette.

 

Interview

Captain(1) Sean Bailey, commandant l’USS G.H.W. Bush  

Commandant, que représente pour vous ce déploiement Chesapeake ? 

Ce déploiement est particulièrement important pour construire une relation forte, pour le succès des futures opérations navales.

C’est sans doute l’un des meilleurs moments de mon commandement. Ce déploiement revêt une dimension très importante pour moi et pour l’ensemble de l’équipage du porte-avions G.H.W. Bush. Nous sommes honorés d’avoir pu jouer un rôle significatif.

Comment s’est passée la coopération avec les marins français ? 

Les marins français s’adaptent très bien au porte-avions, parce qu’ils ont une grande expérience de la mer, notamment grâce au Charles de Gaulle. Je souhaiterai leur dire que je suis très impressionné par les efforts qu’ils ont réalisés, par leur haut niveau de professionnalisme, ainsi que par leur abnégation envers la Marine nationale et la réussite de la mission.

Chaque opportunité de travailler côte à côte, de vivre ensemble, d’interagir, construit de fortes et véritables amitiés. Je pense que, quand mes marins évoqueront cette expérience, ils souligneront son importance et la valeur d’une telle opportunité.

(1) Capitaine de vaisseau.

 

À retenir

• 360 tonnes de matériels acheminées, dont 9 moteurs de Rafale Marine et 1 d’E-2C Hawkeye ;

• 217 appontages de Rafale Marine et Hawkeye, dont 72 appontages de nuit ;

• 24 pilotes réentraînés à l’appontage, dont 5 nouveaux pilotes qualifiés sur Rafale Marine ;

• 5 vols de pilotes français sur Hawkeye américain ;

• 467 sorties réalisées à terre et en mer ;

• 30 ravitaillements en vol effectués à partir de F-18 ;

• 78 exercices d’appui aérien au sol ;

• 2 missions combat Search and Rescue coordonnées par des tacticiens français

• 850 heures de vol.

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