Ouragan Irma : première mission humanitaire

Publié le 22 Décembre 2017 à 10:24

© Marine nationale

A la fois bâtiment amphibie, porte-hélicoptères, bâtiment de commandement et navire hôpital, le bâtiment de projection et de commandement (BPC) présente une polyvalence exceptionnelle dont le déploiement du Tonnerre aux Antilles a montré une nouvelle fois. Mis en alerte le 8 septembre, après le passage de l’ouragan Irma, le Tonnerre a appareillé, avec un préavis très court, dès le 12 septembre, pour apporter son soutien aux populations de l’île sinistrée de Saint-Martin. Retour sur cette mission.

 

1 200 tonnes de fret

A bord, 22 détachements de différentes armées, directions et services prennent place avec leurs matériels et véhicules. Soit près de 550 militaires déployés pour renforcer le soutien apporté à cette île située à 4 000 nautiques de Toulon. Il s’agit de la première mission à caractère humanitaire accomplie par le Tonnerre.

La souplesse d’emploi du BPC avec son fidèle allié, la flottille amphibie, prend alors tout son sens. Outre sa capacité d’accueil et de commandement, ce sont surtout ses capacités de chargement, de stockage et de déchargement par voie aérienne comme maritime qui ont été mises en œuvre. Près de 1 200 tonnes de fret ont ainsi pu être acheminées au plus près des populations sinistrées : vivres, véhicules, matériels de déblaiement, de reconstruction et de soutien…

Projection rapide

La diversité des solutions et la capacité d’adaptation offertes par le BPC ont permis d’alterner au mieux les manœuvres amphibies et l’engagement des hélicoptères embarqués afin d’agir rapidement auprès de la population. Les troupes du Génie, celles du Train mais aussi les marins du Groupe de plongeurs démineurs de la Méditerranée (GPD Méditerranée), du Service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM) ou encore du groupement de fusiliers marins (GFM) de Toulon ont ainsi pu être projetés rapidement et se mettre au travail grâce aux rotations des moyens de la flottille amphibie (deux chalands de transport de matériel – CTM – et un Engin de débarquement amphibie rapide – EDAR) sur les plages et ports de l’île et ainsi que celles des moyens aéromobiles de l'Aviation légère de l'armée de Terre (ALAT) et de l’armée de l’Air (deux Puma et deux Caïman Marine) déployés depuis le BPC.

 

Avant son désengagement de la zone, le Tonnerre a également contribué à l’acheminement de fret humanitaire, embarqué à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) et à Fort-de-France (Martinique), à destination de l’île indépendante de la Dominique frappée, quelques jours après Saint-Martin, par l’ouragan Maria.

 

Témoignage

Second Maitre Nicolas, maître d’hôtel

« J’ai renforcé l’équipage du Tonnerre en tant que maître d’hôtel. Une trentaine de marins ont été mis pour emploi à bord du BPC pour soutenir l’équipage dans l’accueil des 300 militaires supplémentaires présents lors de la mission. Originaire de La Réunion, je connais les ravages qu’une tempête peut provoquer. J’avais envie d’aller aider nos concitoyens et de prendre part à cette mission humanitaire. Mon frère, qui est dans l’armée de Terre, a lui aussi été déployé à Saint-Martin avec son régiment. Partager le même théâtre d’opérations que lui a été une autre motivation pour partir, même si nous nous sommes juste aperçus ! Il faut beaucoup de volonté pour partir sur une mission comme celle-ci, avec un préavis très court, sans trop connaître notre date de retour. Parmi les temps forts, je garde en mémoire la journée que j’ai passée sur Saint-Martin avec d’autres marins du Tonnerre à déblayer une école et aider la population locale. »

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