Mission hydrographique en Atlantique pour le Lapérouse

Publié le 30 Mai 2017 à 10:12

© Marine nationale

Depuis le 19 avril 2017, le bâtiment hydrographique Lapérouse est déployé dans le dispositif de séparation de trafic d’Ouessant, au large des côtes bretonnes, dans le but d’effectuer des levés hydrographiques.

Cette mission de routine vise à étudier cette partie de l’océan Atlantique, ainsi que ses fonds, pour permettre la mise à jour des cartes et améliorer la précision de la navigation de la zone alors que les systèmes de positionnement sont de plus en plus précis et ainsi rendre plus sûre la navigation dans cet axe commercial majeur. Elle est élaborée par les équipes du Service Hydrographique et Océanographique de la Marine (SHOM) et conduite par les navires de la Marine nationale.

D’ici l’été, le bâtiment couvrira une surface totale de plus de 1900km², soit environ 1/3 de la surface du département Finistère. Il effectuera une précieuse mise à jour de données qui dataient de 1974.

Pour réaliser cette mission, l’équipage Lapérouse est renforcé par un détachement de 6 hydrographes du SHOM, encadrés par un ingénieur. Responsable de la planification et de la préparation des travaux, cette équipe exploite les données collectées par plusieurs instruments de mesure mis en œuvre par le bâtiment, dans le but de mesurer les profondeurs des fonds, les courants et les marées.

5 types de matériels sont ainsi employés pour réaliser les mesures :

  • Le sondeur multifaisceaux

Situé sous le bateau et ouvert sur 65° de part et d'autre, il envoie des ondes vers le fond de l’eau. En analysant le temps de trajets des ondes, les hydrographes déterminent en temps réel la profondeur sous le navire. Extrêmement précis, ce sondeur permet de distinguer les anomalies naturelles (crêtes, fosses), mais également d’identifier des épaves reposant sur le fond. Pour compléter le travail du sondeur, le Lapérouse met à l’eau un magnétomètre, utilisé pour rechercher les obstructions métalliques. Remorqué à plus de 150m derrière le navire et connecté à une console exploitée en temps réel par un hydrographe, il permet de détecter les anomalies de champ magnétique dans l’eau et ainsi découvrir des épaves situées au fond de l’eau.

  • Les marégraphes

Déposés au fond de l’eau à l’aide d’un treuil, les marégraphes étudient les phénomènes de marée en mesurant les évolutions successives de pression. Après avoir collecté des données pendant plusieurs mois, ils sont remontés à la surface et récupérés par les équipes du bâtiment pour pouvoir être exploités.

  • Les courantomètres

Selon la même procédure que pour les marégraphes, le bâtiment dépose également des courantomètres au fond de l’eau. Ces appareils mesurent pendant plusieurs mois la vitesse et la direction du courant avant d’être remontés pour exploiter les données collectées.

  • Les bennes à prélèvements de sédiments

Avec l'aide du bord, les hydrographes mettent en œuvre une benne Shipeck : un instrument de prélèvement ponctuel de sédiment de surface des fonds. La benne, une sorte de grosse « mâchoire » qui s’ouvre puis se referme lorsqu’elle percute le sol, va ainsi prélever les sédiments situés au fond de l’eau pour qu’ils puissent ensuite être analysés en laboratoire. L’exploitation de ces analyses permettra de renseigner les navigateurs sur la composition des fonds marins.

 

A propos de l’hydrographie

L’hydrographie et l’océanographie sont des sciences appliquées traitant de la description des éléments physiques des océans, des mers, des zones côtières ainsi que de la prédiction de leur changement dans le temps, essentiellement dans l’intérêt de la sécurité de la navigation et en soutien à toutes les autres activités maritimes, incluant le développement économique, la sécurité et la défense, la recherche scientifique et la protection environnementale. Les hydrographes du SHOM (service hydrographique et océanographique de la Marine) affectés à bord des bâtiments hydrographiques de la Marine nationale ont pour missions de réaliser des levés en mer et d’entretenir les bases de données correspondantes afin de permettre l’élaboration et l’actualisation des cartes marines et documents nautiques ou des produits décrivant l’environnement océanique.

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