Dirigeables, ballons captifs - Les renforts du ciel

Publié le 4 Mai 2017 à 16:06

© ARDHAN - Décollage d'un dirigeable

La Première Guerre mondiale voit l’arrivée, sur le théâtre des opérations aéromaritimes, de nouveaux outils que sont les dirigeables et les ballons captifs. Les premiers servent principalement à la protection anti-sous-marine des convois. Les seconds, associés à leur bâtiment tracteur, sont utilisés tant pour la lutte anti-sous-marine que pour la guerre des mines.

Robert Feuilloy

 

LE PERSONNEL DES DIRIGEABLES 

Si, en 1914, quatre officiers de marine sont titulaires du brevet de pilote de dirigeable, à partir de la fin de l’année 1915 le service va connaître une croissance forte qui va culminer à l’Armistice à
2 657 hommes répartis entre treize centres et comprenant plus de 300 volants pour armer une trentaine de dirigeables. 

Les débuts des équipages de dirigeables dans la Marine (1915-1917)

Comme la Royal Navy avait démarré un programme de petits dirigeables au début de 1915, c’est vers elle que se tourne la Marine pour former quatre officiers qui se rendent sur la base de Polegate (GB) en octobre 1915 et obtiennent leur brevet en fin d’année. En 1916, neuf officiers de marine suivent un entraînement sur le tas, c’est-à-dire dans les centres de Polegate, Sidi-Ahmed (Tunisie), Marquise (62) ou Saint-Cyr (78). En 1917, la formation des pilotes est assurée principalement à Saint-Cyr, avec Sidi-Ahmed en complément. Le personnel volant est formé dans la plupart des cas sur le tas et il n’est pas rare que des hommes non spécialisés soient membres d’équipage. La Marine agit dans l’urgence et doit improviser. En juillet 1916, la Marine possède cinq dirigeables servis par 394 hommes. En août 1916, elle crée à Sidi-Ahmed un cours pour mécaniciens de dirigeables et un autre pour les mécaniciens d’atelier mais, dès octobre 1916, c’est principalement à Saint-Cyr que les mécaniciens sont formés. Il faut attendre le printemps 1917 pour que soit mis en place un système officiel de brevets et certificats pour le personnel volant de la Marine. 

 

Création des brevets de pilote de dirigeable et certificats de personnel volant de dirigeable

Le 19 juin 1917, les spécialités de l’Aérostation maritime sont ainsi répertoriées :

- Pilotes de dirigeable, qui sont tous officiers et titulaires d’un brevet.

- Puis, pour les officiers mariniers, quartiers-maîtres et marins, titulaires d’un certificat : pilote de direction de dirigeable, mécanicien de dirigeable, radiotélégraphiste de dirigeable, mitrailleur-canonnier de dirigeable, arrimeur de dirigeable, observateur de ballon captif, arrimeur de ballon captif, mécanicien d’ateliers d’aérostation, tailleurs d’ateliers d’aérostation.

Le 18 novembre 1917, le ministre de la Marine décide la création à Saint-Cyr d’une école d’aérostation. En revanche, les radiotélégraphistes (ou TSF) sont formés à Rochefort (17) qui abrite aussi l’école des ballons libres.

L’instruction du 18 février 1918 régit l’organisation des écoles d’aérostations de la Marine, toutes placées sous l’autorité du commandant du centre d’aérostation de Saint-Cyr. Ces écoles sont celle de Saint-Cyr, l’école annexe de captifs de Brest, l’école annexe de ballons libres de Rochefort et l’école annexe de TSF de dirigeables de Rochefort.

Le 31 juillet 1918, l’école de Saint-Cyr est transférée à Rochefort.

À l’Armistice, le service des dirigeables englobe 2 657 hommes, ce qui représente un quart de l’Aéronautique maritime (Aviation et Aérostation).

Ces hommes sont ainsi répartis :

- personnel volant : 102 officiers et 217 officiers mariniers et hommes d’équipage ;

- personnel spécialisé au sol : 362 ;

- personnel non spécialisé : 1 975.

 

LE PERSONNEL DES BALLONS CAPTIFS 

© ARDHAN

Le service des ballons captifs est créé tardivement, en mars 1917. L’école est à Brest. L’ensemble du personnel mettant en œuvre les ballons captifs en novembre 1918, dans 18 centres, est de 1 901 hommes, dont 239 observateurs. Chaque centre possède en principe une douzaine de ballons captifs, dont 3 sont gonflés en permanence.

 

 

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