Incarner à terre l’esprit d’équipage - VA (2S) Jean-Louis Vichot, président de l’ADOSM

Publié le 14 Mars 2017 à 08:14

© Marine nationale

L’Association pour le développement des œuvres sociales de la Marine (ADOSM) a été créée en 1939, après la perte d’un sous-marin de la Marine nationale, le Phénix. Il s’agissait de venir en aide aux orphelins des 71 marins décédés et aussi à leurs familles à une époque où l’Action sociale de la Défense (ASD) n’existait pas encore.

L’aide passe par des bourses d’études, des dons, des prêts d’honneur, mais aussi par un accompagnement individuel mené par des assistantes sociales. L’ADOSM est la seule association de solidarité de la Défense qui emploie des assistantes sociales, ce qui lui permet de travailler très étroitement avec le réseau des assistantes sociales de la Défense, mais aussi plus largement avec l’ensemble des services sociaux. Nos actions sont menées à la fois dans l’urgence (lors du décès, en cas de difficulté extrême ou dans des cas non prévus par la réglementation) et dans la continuité. L’ADOSM suit en effet de nombreux enfants depuis leur plus jeune âge jusqu’à la fin de leurs études supérieures. C’est d’autant plus important que de nombreuses aides s’interrompent lorsque les orphelins deviennent majeurs, lorsque leurs études deviennent chères.
Notre association est alertée par divers canaux, en premier par la Cellule d’aide aux blessés et d’assistance aux familles de la Marine (Cabam), mais aussi par les associations d’anciens marins, l’Alliance navale… Notre objectif premier est la solidarité envers les marins et familles de marins décédés en service. Mais nous venons en aide aussi aux marins gravement blessés et aux anciens en situation de grande précarité. Nous intervenons aussi souvent au profit de personnes dans la « zone grise » : situations familiales hors normes, en dehors du cadre de l’action administrative.
Les orphelins sont les premiers bénéficiaires de nos aides : nous en avons accompagné 403 de la naissance à la fin des études pendant l’année 2015-2016. Notre aide n’est pas seulement un chèque : nous maintenons un lien avec la famille. Nous avons ainsi un compte Facebook privé qui est réservé aux orphelins pour qu’ils puissent échanger.
Au-delà des enfants, nous aidons aussi les familles (300 en 2016) par un accompagnement social adapté. Cela passe par des conseils, parfois une aide à la formation et à la recherche d’emploi ou des secours pour faire face à une dépense imprévue.
L’ADOSM agit pour tous les marins, quel que soit leur grade ou leur condition.

Témoignages

Briyan Cessac, soutenu par l’ADOSM


Le 30 mars 1994, alors que le SNA Émeraude participe à un exercice au large de Toulon, un accident mortel se produit à bord. Parmi les dix victimes, le premier maître Christian Cessac. Il laisse une femme enceinte, qui accouchera de Briyan six mois plus tard.
En 2014, lors de la commémoration du 20e anniversaire de l’accident, Briyan prend conscience du soutien que peut lui apporter la Marine : « Ce jour-là, un ancien ami de mon père me présente un ancien officier sous-marinier qui me propose d’effectuer un volontariat international en entreprise (VIE), après l’obtention de mon BTS. »
Cette expérience va être épanouissante. Il se fixe des objectifs et décide d’intégrer l’École supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec). C’est alors qu’il se tourne vers l’ADOSM et sollicite l’association afin d’obtenir une bourse pour l’aider dans son projet. Il intègre l’Essec en septembre 2016.
Briyan est maintenant sur la bonne voie : « J’ai eu de la chance, l’ADOSM m’a soutenu moralement, financièrement et m’a ouvert son réseau. » Désormais il s’apprête à entamer une formation en alternance pour terminer ses études et il se dit prêt à aider l’ADOSM.

Amiral Christophe Prazuck, chef d’état-major de la Marine


« Mobilisez-vous pour les familles des marins décédés »
« En 2016, vingt-cinq de nos camarades ont perdu la vie et de nombreux autres ont été blessés en opérations. Vous êtes marins. Vous connaissez l’importance et la richesse de l’esprit d’équipage. Je sais que vous êtes solidaires entre vous, que vous vous entraidez, que vous êtes généreux.Je souhaite aujourd’hui que nous nous mobilisions tous pour les familles de nos camarades disparus. Si chaque marin donnait 1 € par mois, cela suffirait à couvrir les frais d’éducation des orphelins de la Marine versés aujourd’hui par l’ADOSM. Mobilisons-nous pour les familles de nos camarades blessés et décédés. Adhérez à l’ADOSM pour 1 € par mois. Je compte sur vous. »

 

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