Le SSF - La dynamique du MCO naval

Publié le 10 Mars 2017 à 09:52

© Marine nationale

Composé de marins et de membres de la Direction générale de l’armement (DGA), militaires et civils, le Service de soutien de la flotte (SSF) est placé sous l’autorité du chef d’état-major de la Marine (CEMM). La DGA y apporte son expertise métier dans les domaines technique, du management et des achats. Le SSF est maître d’ouvrage délégué du MCO naval, gestionnaire des rechanges navals, exploitant des installations portuaires liées au MCO, mais également responsable des installations nucléaires. Il assure donc la disponibilité technique des navires et équipements de la Marine, en exploitantau mieux les ressources humaines et financières. Les quelque 400 bateaux de la Marine, des bâtiments de combat aux vedettes et moyens portuaires (avec un déplacement variant de quelques tonnes à plus de 45 000 tonnes), dont 72 bâtiments de combat et de soutien, 6 sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) et 4 sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), sont répartis sur les bases navales en métropole et outre-mer. Le SSF attribue la maintenance de la flotte – qu’elle soit préventive ou corrective – à plusieurs acteurs : les équipages (maintenance courante), les ateliers du Service logistique de la Marine ou des bases navales (maintenance intermédiaire sur des installations clés) et les industriels (maintenance lourde en arrêts techniques principalement). Le service assure également le soutien logistique du matériel naval, depuis l’approvisionnement jusqu’à la réparation des rechanges.

    

Le rôle des ateliers militaires
Le SSF confie la maîtrise d’œuvre(1) des opérations d’entretien aux industriels avec les moyens propres de la Marine appelés moyens militaires de soutien, Atelier militaire de soutien (AMS) des bases navales, et surtout le Service logistique de la Marine. Le SLM, principal opérateur étatique de réparation navale, se voit ainsi confier, en arrêt technique ou sur aléa en cycle opérationnel, le deuxième niveau d’intervention (NTI 2). Ce dernier correspond aux opérations de maintenance préventive ou curative dépassant le niveau de compétence des bords, soit sur les bâtiments, soit dans ses ateliers. Le SLM est constitué de civils et de marins spécialisés en réparation pour des domaines particuliers et aussi de marins de la flotte. Le choix de maintenir des compétences étatiques dans des opérations d’entretien plus complexes que celles dévolues aux équipages permet ainsi d’entretenir des savoir-faire que les marins formés dans les ateliers peuvent utilement mettre à profit quand ils retournent sur les navires. Outre-mer ou à Cherbourg, ce sont les ateliers des bases navales qui jouent ce rôle.

(1) La maîtrise d’œuvre (Mœ) est une entité désignée conformément à un contrat pour assurer la réalisation du projet dans le respect de délais et de coût. La maîtrise d’ouvrage est responsable de la bonne réalisation du MCO naval. Elle définit les objectifs du projet et « fait faire », notamment grâce à des contrats passés auprès d’industriels.

Focus sur le MCO en continu
« Détensionner » les arrêts techniques en permettant la réalisation des tâches réglementaires hors période d’entretien sont les principaux objectifs du MCO en continu. Planifiées pendant des périodes de disponibilité opérationnelle à 10 jours (PDO 10) inscrites dans le programme des unités par l’autorité organique et dans le plan de maintenance majeure, ces PDO 10 sont expérimentées sur les bâtiments de projection et de commandement (BPC) depuis 2015 et une première application sur frégate de défense aérienne (FDA) a été menée en juin 2016. En 2017, le MCO en continu devrait être applicable sur frégates anti-sous-marines (FASM), frégates antiaériennes (FAA), ainsi que sur frégates type La Fayette (FLF). Concrètement, le MCO en continu permet surtout de réaliser des opérations d’entretien intermédiaire tout en conservant le bâtiment disponible.

Témoignages

CC Yoann, ingénieur responsable bâtiment (IRB) sur le Guépratte
« Mon rôle est d’assurer que les bâtiments dont j’ai la charge soient disponibles, les systèmes d’armes performants, au moment où la Marine en a besoin. Au quotidien, cela consiste à solliciter intelligemment les organismes étatiques ou industriels pour répondre dans les plus brefs délais aux avaries ou pour assurer les entretiens périodiques programmés. L’IRB s’inscrit comme un personnage central au sein de l’organisation du SSF. Il agit en chef d’orchestre qui met en musique les compétences des logisticiens, des experts techniques et des spécialistes de la gestion de contrat. Unique point d’entrée entre le SSF et les bords, il doit avoir une bonne connaissance des bâtiments et de la vie embarquée pour répondre judicieusement aux attentes des équipages. »

CV Jean-Philippe, chef de la division exploitation d’ALFAN  


« Halte aux idées reçues ! En pilotant au quotidien le MCO de nos unités de surface, je constate qu’il ne se porte pas si mal, même si le contexte international crée une véritable tension sur l’activité de nos bâtiments et sur leur entretien. Vigilance de tous les instants donc, d’autant que se côtoient des unités modernes et high-tech (FREMM, B2M) et des bâtiments anciens (PHM, BCR). Pour autant, la qualité des contrats du SSF participe à l’évolution favorable du MCO. La mise en concurrence des industriels, avec la rédaction de cahiers des charges exigeants, les pousse à l’excellence et à l’innovation. C’est ainsi que des plateaux techniques ont été mis en place à proximité immédiate des unités en arrêt technique. Ces structures miroir de celles de nos bâtiments permettent de tisser des liens forts entre les marins et les industriels en charge du MCO de leurs installations. Dans un esprit d’équipage, tous se mobilisent pour rendre aux unités 100 % de leurs capacités. »

CV Fabrice, chef de la division logistique d’ALFOST    


« Le maintien en condition opérationnelle est une responsabilité première de l’autorité organique. Dans ce cadre, la division exploitation-infrastructures de l’état-major des forces sous-marines (ALFOST/EXPL INFRA) s’assure en permanence que l’état des sous-marins leur permet de remplir leur contrat opérationnel en toute sécurité. Elle agit en étroite collaboration avec les escadrilles des sous-marins, le Service de soutien de la flotte, le Service logistique de la Marine, mais également le Service d’infrastructure de la Défense pour les installations concourant au MCO des sous-marins à l’Île Longue. Le cas échéant, elle traite avec l’échelon central de la Marine et la DGA pour les sujets de leur niveau de responsabilité. »

 

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