Découvrez les témoignages du réalisateur Yves Bourgeois et du journaliste Pierre Decourt sur Cols Bleus.fr 

Publié le 10 Octobre 2016 à 15:48

© Marine nationale / S. Chenal

Yves Bourgeois, réalisateur du documentaire sur le Charles de Gaulle « Confidence d’équipage », diffusé sur France 3 Thalassa

« Ce que j’ai voulu montrer dans ce documentaire, c'est l'incroyable notion de performance que dégage le Charles de Gaulle. Cette performance se traduit par l’exigence d'une disponibilité constante pour chacun des marins. L’autre élément frappant, c’est la faible fréquence des accidents sur une machine qui pourtant recèle d'une hostilité permanente à n’importe quel pont. Pour moi, c’est le signe indéniable d'une performance technologique et professionnelle qui m'a vraiment bluffé. Dans son monde et en opération, le Charles et son équipage en imposent et c’est tout à fait logique ! Du coup, une équipe de tournage comme la nôtre se sent petite. Il a fallu alors faire preuve de patience, d'humilité et de délicatesse pour pouvoir ensuite être adopté. Cela a mis un certain laps de temps. Une fois cet exercice réalisé, cela a créé une vraie générosité des marins quant aux témoignages qu'ils nous ont confiés. Au fil du tournage, chaque personnage qui nous accordait sa confiance et qui nous délivrait ses bons mots – souvent des pépites – était, pour nous, le moteur le plus fabuleux. Découvrir Maxime, Olivier, Moussa, Audrey ou Nicolas, ça a été le gage d'une réussite. On s'est fait dévorer par ce bateau et tant mieux ! Il y a aussi cette tension uniquement insufflée par l'image. Pour moi, le porte-avions est une symphonie sonore totalement atypique et hors du commun. Nombre de séquences sont vraiment à la frontière de ce qu'on aurait envie d'écrire dans une fiction. Désormais, nous voilà nous aussi catapultés… »

Pierre Decourt, journaliste récemment embarqué

« Il est 7h du matin. Le temps est splendide. Le soleil de la Méditerranée réchauffe doucement les superstructures du porte-avions. Pour sa mission, le Groupe aérien embarqué (GAé) du PA est en mode « tout Rafale », 24 appareils de combat et de bombardement, auxquels s’ajoutent deux avions de guet avancé et de contrôle aérien Hawkeye et trois hélicoptères, un Caïman marine, un Dauphin et une Alouette III.

Les gestes sont rapides et millimétrés. Toutes les manœuvres ont été répétées, corrigées et validées encore et encore. Le grand ballet du Charles-de-Gaulle peut commencer. Le « Pedro », aujourd’hui une Alouette III, l’hélicoptère chargé des opérations de SAR (search and rescue) Jour vient de quitter le pont et se positionne sur bâbord à la même vitesse que le navire. Si un pilote doit s’éjecter en mer, c’est lui qui interviendra en premier. L'ordre de « désaisiner » les avions a été donné par l’un des « directeurs de pont d'envol. Puis l’ordre de « roulage », donné par « l’Avia », est reçu. Les catapultages vont débuter. Autour du Hawkeye, qui doit partir en premier, l’élingueur se prépare à positionner les élingues de catapultage et le « hold back » sous le contrôle d’un officier pont d’envol et d’un directeur et du chef de piste. Les mots sont inutiles et les équipes communiquent par signes. Premier catapultage terminé : Le Hawkeye a disparu dans le ciel au-dessus de la mer. Un Rafale Marine se présente à son tour. À bord du Charles-De-Gaulle, la vie ne s’arrête jamais. »

Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale

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