Surveiller l’espace maritime français aussi par satellite

Publié le 30 Juin 2016 à 16:44

© Marine nationale

La France dispose d’une zone économique exclusive (ZEE) de 11 millions de kilomètres carrés, la deuxième plus grande ZEE au monde, derrière les Etats-Unis et la Marine nationale agit en permanence pour surveiller, défendre et protéger cet espace maritime.

Outre ses bâtiments déployés sur toutes les mers du monde, la Marine a contractualisé, depuis fin 2013, un marché pour la réalisation d’un démonstrateur de guichet unique, sous la forme d’un portail Web, permettant d’accéder à des informations provenant de divers satellites commerciaux AIS, radar ou optique. Ce système de surveillance satellitaire, appelé TRIMARAN, optimise donc l’utilisation du potentiel de la Marine.

Il apporte notamment un service permettant la détection des navires ou des pollutions et, dans la mesure du possible, l’identification des navires, dans une zone et dans des délais donnés. Les données sont stockées et échangées dans un espace sécurisé, accessible simplement, 24h sur 24, 7 jours sur 7. Quelle que soit l’opération en cours, sa nature ou sa localisation, les images satellites, tant radar qu’optiques, sont interprétées dès leur réception par les analystes images Telespazio France et Airbus Defence and Space. Des rapports sont alors établis et livrés aux utilisateurs, via le portail, indiquant les types de bateaux détectés, leur position, ainsi que leur vitesse et leur direction. Les satellites radars et optiques offrent la capacité de survoler en moins de 24 heures tout point du globe et se complètent pour offrir une couverture quels que soient l’heure ou la météo.

Dans un premier temps, ce portail a été mis à la disposition des commandants des zones maritimes des Antilles et de Guyane, afin de l’évaluer pendant plus de 6 mois. En Guyane, ce service s’est révélé particulièrement adapté aux missions de police des frontières, d’orpaillage illégal et de lutte contre la pêche illicite (recherche / suivi de navires d’intérêt de la taille d’un bâtiment de pêche). Après cette première expérimentation opérationnelle, la Marine pérennise désormais ce service au profit de toutes les zones maritimes, avec une haute priorité accordée à l’outre-mer où les espaces à surveiller sont vastes et les moyens comptés.

C’est ainsi que la présence de navires vietnamiens pêchant illégalement dans les atolls d’Entrecasteaux (Nouvelle Calédonie), une aire marine protégée, a été détectée mi-juin 2016 avec TRIMARAN. Le système a permis de donner des indications déterminantes en amont, sur l’opportunité de déclencher une opération ayant abouti le 23 juin 2016, au déroutement du navire vietnamien, en saisissant 1.5 tonne d’holothuries.

Source : Marine nationale
Crédits : Marine nationale 

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