Surveiller, renseigner, s’opposer, modes d’emploi

Publié le 29 Avril 2016 à 13:43

© Marine nationale / Jean-Marc Casanova

 La Défense maritime du territoire (DMT) repose sur le triptyque : surveiller, renseigner, s’opposer. Définie dans le code de la Défense, la DMT « concourt à assurer la sécurité du territoire national, et notamment la protection des installations prioritaires de Défense ». La DMT se décline en trois actions principales :

• Surveiller dans la profondeur les approches du territoire national sur ses façades maritimes, déceler et évaluer la menace qui peut s’y exercer sur ou dans la mer ;

• Renseigner les autorités civiles et militaires sur les activités suspectes ou hostiles en mer et les menaces d’origine maritime ;

• S’opposer aux actions menées par voie de mer contre le territoire national et aux actions contre les intérêts nationaux dans les approches de ce territoire, en particulier contre les activités illicites dans toutes les zones littorales et maritimes où la France dispose de droits d’exploitation. Le domaine couvert est large et va de la capacité à déminer l’accès à un port à la capacité de contre-terrorisme maritime.

Au-delà de cet engagement, la Marine a renforcé son dispositif dans la profondeur pour anticiper, prévenir, voire contrer les menaces au plus loin du territoire national.

Du littoral à la haute mer

La Défense maritime du territoire s’étend par couches successives du littoral à la haute mer, avec une vigilance toute particulière accordée à l’interface des milieux terrestres et aéromaritimes. Les objectifs sont clairement définis : il s’agit d’assurer en permanence la liberté d’action de la Force océanique stratégique, l’absence d’entrave à la circulation des approvisionnements, ainsi que la maîtrise des approches maritimes, tout en protégeant le littoral depuis la mer et plus particulièrement les installations d’importance prioritaire ou vitale.

Approuvée par l’autorité militaire (CEMA) et mise en œuvre sous la responsabilité du commandant de zone maritime (CZM) en métropole et du Comsup outre-mer, la DMT s’exerce, par souci d’efficacité, en coordination avec les autres administrations et en cohérence avec le plan Vigipirate qui comprend un volet maritime. Pour la Marine nationale, les défis sont immenses et le périmètre d’action est très large. Il s’agit de surveiller 19 000 kilomètres de côte (dont 5 800 kilomètres en métropole, littoral corse inclus) et de faire respecter le droit dans les espaces maritimes sous souveraineté et juridiction française. Ceux-ci représentant près de 11 millions de km2, ils constituent ainsi la deuxième zone économique exclusive mondiale. Espaces maritimes auxquels il convient désormais d’ajouter le plateau continental, récemment étendu (Extraplac) d’une superficie équivalente à celle de la France métropolitaine.

Les deux piliers de posture permanente de sauvegarde maritime (PPSM)

La Défense maritime du territoire (DMT) répond aux objectifs de défense nationale, elle constitue le pendant militaire de l’action de l’État en mer (AEM) qui vise au maintien de l’ordre et à la sauvegarde des biens et des personnes. Les unités de la Marine nationale, dont celles de la gendarmerie maritime assurent en permanence la surveillance des approches maritimes dans le cadre aussi bien de l’AEM que de la DMT, afin d’assurer le long des façades maritimes françaises le continuum terre-mer et défense-sécurité. Une mission réalisée en lien avec la Défense opérationnelle du territoire (DOT), la Défense aérienne (DA), la sécurité intérieure et les activités économiques. La DMT forme donc avec l’AEM ce que l’on appelle la « Posture permanente de sauvegarde maritime » : la PPSM.

La PPSM (DMT + AEM) dans le détail

La PPSM n’est pas une mission unique, mais un large panel de missions dont l’objectif commun est la surveillance et la protection des approches maritimes. Le domaine d’action de la PPSM est vaste à double titre, puisqu’il comprend une large gamme de missions réalisées dans un espace géographique s’étendant des côtes vers le large. Ce dispositif contribue de manière permanente à la défense maritime du territoire, ainsi qu’au volet maritime du plan Vigipirate, dans un contexte où la menace en mer ou venant de la mer, doit faire l’objet de la plus grande attention. Les bâtiments d’alerte PPSM assurent également des missions relevant davantage de l’action de l’État en mer comme la police des pêches, la lutte contre les pollutions, la lutte contre les trafics illicites et enfin la recherche et le sauvetage en mer (plus d’une personne secourue en moyenne par jour). La Marine met en œuvre une partie considérable de ses moyens pour assurer en permanence cette posture. Sa capacité d’action repose sur un bâtiment d’alerte PPSM par façade, les vedettes et patrouilleurs de la gendarmerie maritime, des avions de surveillance maritime et hélicoptères d’alerte SAR(1) (deux par façade), mais aussi une chaîne sémaphorique. Les unités de la Marine sont enfin renforcées par des moyens des autres administrations intervenant en mer comme les douanes ou les affaires maritimes. Dans le cadre du volet maritime du plan Vigipirate une coordination de l’ensemble de ces moyens étatiques est assurée depuis le COM de Brest, de Cherbourg ou de Toulon en métropole. Le COM est à la fois centre des opérations de la Marine au profit de l’autorité militaire et le centre des opérations maritimes du préfet maritime.

(1) Search and rescue.

La PPSM : enjeux et chiffres clés

Des mouvements réguliers d’unités précieuses à protéger, en particulier dans les approches maritimes à Brest (plus de 50 mouvements de SNLE par an) ; 70 % des échanges économiques de la France (importations et exportations) transitent par la mer ; 94 % des importations françaises en hydrocarbures empruntent la voie maritime.

La France est dotée du 2e domaine maritime mondial, grâce notamment aux territoires
outre-mer : un domaine maritime de 11 millions de km2. Une superficie 20 fois plus grande que le territoire hexagonal ou l’équivalent de la superficie de l’Europe continentale. Son plateau continental vient en outre d’être étendu d’une superficie égale à celle du territoire national dans le cadre du projet Extraplac.

Près de 3 700 marins sont engagés dans le cadre de la posture permanente de sauvegarde maritime et de la protection du territoire national et de ses approches en métropole et outre-mer, dont 2 000 sont déployés en permanence pour surveiller, renseigner, agir avec pour finalité d’apporter des réponses opérationnelles immédiates en cas de gestion d’une crise majeure en mer, y compris terroriste. 3 700 marins, c’est près de 10 % de l’ensemble des effectifs de la Marine nationale, un effort important et continu.

 

 

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