FREMM AQUITAINE : Aux côtés du Charles de Gaulle

Publié le 11 Avril 2016 à 09:34

© Marine nationale

L’intégration des frégates multimissions (FREMM) Provence et Aquitaine au groupe aéronaval (GAN), déployés d’abord en Méditerranée orientale puis en océan Indien, est une étape majeure dans la montée en puissance des nouvelles capacités de la Marine. Les FREMM ont assuré, lors de l’opération Chammal, une protection de pointe u porte-avions (PA) Charles de Gaulle, notamment dans le domaine de la lutte sous la mer. La présence dans le Golfe Arabo-Persique du groupe aéronaval visait bien sûr à neutraliser les combattants du Deash, mais aussi à pilonner les trois piliers nécessaires au fonctionnement et à l’organisation de Daech : le commandement, la régénération des forces et les moyens financiers. La FREMM Aquitaine et son équipage (140 marins) ont quitté Brest le 17 décembre 2015 pour le golfe Arabo-Persique. La frégate y a rejoint le groupe aéronaval avec la mission d’escorter le Charles de Gaulle. Jusque-là, la protection anti-sous-marine du navire- amiral était assurée par la frégate britannique HSM Kent. La FREMM l’a relevée et est venue épauler la frégate antiaérienne Chevalier Paul, ainsi que le ravitailleur Marne. « Techniquement, lorsque nous sommes avec le porte-avions, notre mission est de nous positionner à tel endroit, à tel moment, pour le protéger, lui et ses avions », explique un enseigne de vaisseau. Grâce à ses sonars parmi les plus perfectionnés, notamment le Captas 4, à son détachement composé d’un hélicoptère Caïman Marine, équipé d’un sonar trempé Flash et de torpilles MU 90, l’Aquitaine apporte la technologie la plus pointue de la Marine à l’opération Chammal. Son armement lui permet d’effectuer des missions antisurfaces, antiaériennes et antinavires. C’est là l’apport décisif de ces frégates multifonctions. « En plus des possibilités technologiques qu’apporte la FREMM, notamment en terme de furtivité, elle a la capacité de le faire avec un équipage réduit. Il y a vingt ans, il fallait 300 hommes pour naviguer avec une telle frégate, aujourd’hui, on le fait avec moins de 100. C’est un effectif réduit mais optimisé. Comme la frégate exploite quasiment 100 % de ses capacités, cela nécessite une mobilisation et une formation très forte », résume le chef du service de lutte anti-sous-marine. Lorsque l’Aquitaine ne protège pas le Charles de Gaulle, elle réalise des missions de surveillance maritime et coopère avec les marines riveraines. Comme lors de cette journée avec la Marine koweïtienne. Au programme : une simulation d’attaques par des vedettes armées, avec procédures de menaces puis de ripostes des affûts mitrailleurs de l’avant et de l’arrière. L’après-midi : visite d’un patrouilleur koweïtien par la brigade de protection de la FREMM. Dix marins, commandés par un enseigne de vaisseau, partent à bord d’un Zodiac en direction du navire suspect. L’opération a non seulement permis de constater l’entente entre nos deux armées, mais encore l’efficacité de telles interactions. « C’est important pour os alliés, car ils progressent dans la maîtrise de leurs outils, et pour nous, car cela permet de répéter des exercices fondamentaux, qui doivent être connus par cœur et exécutés avec automatisme », explique le commandant en second.

REGARD NEUF

Éditeur dans le monde civil, l’EV2(R) Arthur Chevallier a embarqué sur la FREMM Aquitaine lors de ses derniers moments dans l’opération Chammal.
«Après une semaine à bord, je comprends que l’Aquitaine n’est pas seulement l’aboutissement de dix ans de transition technologique. C’est aussi et surtout le symbole d’une révolution des mentalités, qui induit une nouvelle gestion des ressources humaines, et un commandement plus attentif aux marins et des liens plus resserrés entre les officiers subalternes et leurs équipes. La FREMM, c’est le seul endroit du monde où l’ordinateur a renforcé l’humanité.» Un autre constat a frappé le réserviste : «Il y a quelques années, des maîtres d’hôtel officiaient pendant les repas. Même s’il subsiste une salle à manger pour le carré commandant, une autre pour le carré officiers subalternes et une cafétéria pour l’équipage et les officiers mariniers, la FREMM ne connaît plus de distinctions de grades pour les repas. Tout le monde se sert à la même rampe. Loin d’être un détail isolé, cette réorganisation d’un mode de vie à bord correspond à une logique d’ensemble : celle d’un équipage optimisé et rapproché. Être toujours plus opérationnel, donner la priorité à la rapidité, à la flexibilité, à la réactivité, à la simplicité pour “être toujours prêts”, pour reprendre les termes du commandant.»

Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale

 

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