L’action de la France en océan Indien - Présence française

Publié le 26 Janvier 2016 à 15:39

© Marine nationale

Défense de la liberté de navigation, maintien de la stabilité et de la sécurité de la zone, coopération de développement, protection des ressortissants, de la souveraineté et des ressources sous-marines, halieutiques, minérales (terres rares) et pétrolières de sa ZEE, les intérêts de la France sont nombreux. Pour cela et grâce à ses points d’appui, la France entretient une connaissance approfondie et actualisée de la zone, assure une présence stabilisatrice et conduit une coopération opérationnelle poussée. La France participe de ce fait à toutes les opérations d’envergure en cours dans l’océan Indien. 
 
Djibouti, point de passage

La France maintient une présence à Djibouti depuis des décennies. À l’embouchure ouest de l’océan Indien, cette base est un point de passage obligé pour tous les bâtiments transitant vers ou depuis la Méditerranée. Elle offre à la Marine française un appui stratégique et logistique dans la zone. Elle constitue aussi un terrain d’entraînement en conditions extrêmes pour les commandos marine. Djibouti est un point d’appui majeur pour les bâtiments français, mais également pour ceux de nos partenaires avec lesquels la coopération en matière de sécurisation des approches maritimes se renforce. 
 
 
Être présent dans le Golfe
La base navale d’Abou Dhabi permet d’ac­cueillir toute sorte de bâtiments et constitue un point d’appui stratégique. Ainsi, à Abou Dhabi, la France dispose d’une force prépositionnée, capable de réagir sans délai, dans une région au cœur des enjeux stratégiques actuels. L’action française dans le Golfe, notamment lors des déploiements du porte-avions Charles de Gaulle en 2014, 2015, puis 2016 est un signe fort de la volonté française d’être présente dans cette région définie en 2008 par le Livre blanc sur la défense et la sécurité comme « l’arc de crise ». Elle démontre également la volonté d’accroître l’interopérabilité de la Marine française avec l’US Navy. 
 
La Marine dans le grand sud
La base navale de Port-des-Galets, sur l’île de la Réunion, est le troisième port militaire français. Située à plus de 10 000 km de la métropole, la base navale accueille l’ensemble des fonctions soutien. Elle est un point d’appui vital pour les unités qui assurent les missions de souveraineté, de police des pêches et de surveillance maritime, au large de la Somalie, dans le canal du Mozambique ou encore dans les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). Dans le canal du Mozambique, le patrouilleur Le Malin, ainsi que le bâtiment de transport léger La Grandière participent à la protection des ressources halieutiques, tout en conduisant des missions de souveraineté et de contrôle du trafic maritime. Ainsi, l’Albatros a effectué pendant plus de 30 ans, un inlassable travail de surveillance des pêches dans les zones économiques exclusives de Saint Paul et Amsterdam, Crozet et Kerguelen qui constituent une partie des TAAF. La présence d’un bâtiment de surveillance dans ces eaux permet de veiller à la pérennité des ressources halieutiques (langouste et légine). À l’été 2017, le Polar Logistic Vessel (PLV) remplacera l’Albatros et le Dumont d’Urville. Propriété des TAAF, il sera armé par la Marine. Doté d’une coque brise-glace, il ralliera l’Antarctique dès l’hiver 2017 pour une première campagne de ravitaillement des bases polaires françaises. 
 
Les Frenchies en action
En réaction à la crise survenue au Yémen en avril dernier, le chasseur de mines tripartite (CMT) L’Aigle a quitté le golfe Arabo-Persique où il travaillait au sein du groupe de guerre des mines français, notamment avec le CMT Andromède afin de se redéployer dans la région du détroit de Bab el Mandeb, au sein d’un Task Group (TG) ad hoc de guerre des mines, le TG 52.2. Sa mission a consisté à s’assurer qu’aucune menace mines ne vienne entraver la libre circulation de ce détroit essentiel aux échanges économiques et qui voit passer un important trafic maritime entre la Méditerranée et l’océan Indien. Le CMT L’Aigle a ainsi contribué durant plusieurs semaines au travail de ce TG composé d’unités britanniques et américaines. Ce redéploiement conjoncturel illustre la capacité de la Marine à s’adapter aux évolutions sécuritaires régionales et la faculté de ses moyens à opérer avec ses partenaires. Depuis fin janvier, L’Aigle était déployé dans le golfe Arabo-Persique aux côtés du CMT Andromède et d’un état-major de guerre des mines, dans le cadre d’un déploiement planifié dont les objectifs consistaient notamment à approfondir la connaissance de cette zone stratégique, assurer la sécurité de la navigation vis-à-vis de la menace mines et à effectuer des actions de coopération avec les marines partenaires présentes dans le Golfe. 
 

Le saviez-vous ? 

Les îles Éparses de l’océan Indien sont des petites îles situées autour de Madagascar. On distingue généralement cinq entités au sein de cet ensemble éclaté : l’île Europa, Bassas da India immergée seulement à marée basse, Juan de Nova, les îles Glorieuses (composées de l’île Grande Glorieuse et de l’île du Lys), et enfin Tromelin, la seule située hors du canal du Mozambique. Toutes ces îles constituent l’un des cinq districts des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). Quinze militaires se relaient tous les quarante-cinq jours sur les principales îles, sauf sur Tromelin, occupée par des météorologues. Classés réserve naturelle depuis 1981, ces territoires sont ainsi habités de façon transparente pour l’environnement. 

• 118 km2 de lagons 
• 44 km2 de superficie (terres émergées) 
• 640 400 km2 de ZEE
• aucun habitant permanent

 

Manœuvres à Diego 

Le Batral La Grandière a participé à l’exercice international Diana 2015 qui s’est tenu du 20 au 26 mai dernier dans la région d’Antsirana (Diego Suarez), au nord de Madagascar. Des détachements des pays de la Commission de l’océan Indien, des Seychelles, des Comores, de l’île Maurice ou encore du pays hôte Madagascar, ont pu échanger leurs savoir-faire avec des détachements des Forces armées zone sud de l’océan Indien (FAZSOI). D’abord déployé comme bâtiment logistique pour le transport des véhicules et du matériel de l’armée de Terre depuis La Réunion et Mayotte, le Batral a ensuite assuré le commandement tactique de deux patrouilleurs seychellois et d’un remorqueur hauturier malgache. Cette Task Force interalliée a été déployée aux abords du cap d’Ambre (au nord de Madagascar) afin de contrôler les flux commerciaux transitant dans la zone. De nombreuses missions de renseignement ont également été réalisées depuis le Batral par des éléments de la section nautique du 2e RPIMa afin de localiser les troupes ennemies. Le déploiement du La Grandière a une nouvelle fois démontré l’importance de disposer d’un moyen naval, aussi bien pour la projection de forces que pour la projection logistique ou le contrôle de zone.

 

Dossier réalisé par l’EV1 Pauline Franco
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