FDA - Une «bête de guerre »

Publié le 29 Juillet 2015 à 13:58

Avril 2014, un Caïman Marine en phase d’appontage sur le Forbin. FDA et Caïman Marine : un couple gagnant ! © Marine nationale

Les FDA Forbin et Chevalier Paul sont spécialement conçues pour la défense aérienne. Elles sont ainsi principalement chargées d’assurer la protection d’une force navale, d’un convoi ou d’une zone définie contre des avions et des missiles. Elles sont à l’aise en haute mer pour protéger le groupe aéronaval ou dans une région littorale aux côtés d’un BPC engagé dans une opération amphibie ou une évacuation de ressortissants.

Les FDA peuvent suivre le trafic aérien et coordonner toute l’activité aérienne dans de vastes espaces, et bien sûr guider des avions de combat vers leurs cibles. Pendant l’opération Harmattan en Libye, la présence à proximité des côtes des FDA s’est révélée fort précieuse, notamment pour coordonner les interventions au-dessus du sol libyen des avions ou des hélicoptères de combat.

Les FDA sont également des bâtiments de guerre capables de prendre le commandement de la défense aérienne au sein d’une force navale interalliée en opération mais aussi dans un dispositif interarmées de défense aérienne. Elles peuvent assurer la gestion et le contrôle de l’espace aérien d’un théâtre d’opérations, que la mission concerne de la projection de puissance ou des opérations de sauvegarde.

Pour mener à bien ses missions, les FDA disposent de différents senseurs, dont un radar de veille à longue portée permettant d’établir une situation d’une exceptionnelle précision jusqu’à plusieurs centaines de kilomètres. Tout en haut du mât avant se trouve également un second radar, abrité sous radôme : l’EMPAR. Ce radar sert à la détection de cibles et au guidage des missiles antiaériens Aster 15 et Aster 30. Une FDA peut contrôler un vaste espace aérien, soit l’équivalent de tout le bassin de la Méditerranée occidentale.

Embarqués respectivement à 16 et 32 exemplaires, ces missiles très récents ont été développés pour l’interception des menaces modernes qu’il s’agisse de missiles antinavire supersoniques ou d’avions. D’une portée de plus de 50 km, l’Aster, qui peut atteindre une vitesse de 4 500 km/h, est en mesure de contrer des missiles assaillants très rapides, manœuvrant, à vol rasant et fort piqué final. Il s’agit d’un missile prêt à l’emploi. Tous les Aster sont, en effet, logés dans 48 cellules situées à l’avant du bâtiment dans des lanceurs verticaux. Ce concept autorise le tir en salve, permet d’éviter la manœuvre de rechargement, ainsi qu’une éventuelle avarie de la rampe de tir des systèmes de génération précédente. Grâce à la puissance de son système de combat et d’un tel système d’armes, une FDA peut ainsi s’opposer à une attaque saturante et lancer en quelques secondes de nombreux missiles contre des cibles multiples.

En matière de guerre électronique (GE), la FDA dispose là aussi de solides atouts comme des systèmes d’interception d’émissions radio et radar d’une rare précision et couvrant de larges spectre de fréquences. En fonction des émissions électromagnétiques perçues, il est possible de savoir quel type de radar emploie l’adversaire, voire d’identifier précisément et instantanément le porteur. Les moyens actifs comprennent, quant à eux, deux brouilleurs en mesure d’opérer sur 360° Particulièrement puissants, ces équipements peuvent déstabiliser les autodirecteurs de missiles antinavire mais aussi brouiller les radars adverses y compris en zone littorale.

Superstructures inclinées, mâts pleins, plage avant dépourvue de tout appendice, niches des embarcations masquées par des rideaux, panneaux fermant les ouvertures, emploi de matériaux composites pour absorber les ondes radar…pour évoluer en toute discrétion et tromper l’ennemi, une FDA peut également compter sur sa furtivité. La signature électromagnétique et infrarouge du bâtiment a été, dès sa conception, réduite à son minimum. Au radar, une FDA longue de 153 mètres et jaugeant 7000 tonnes peut être aisément confondu avec un inoffensif bateau civil long de quelques dizaines de mètres seulement.

Le panel des équipements des FDA comprend également un sonar d'étrave actif/passif et une antenne linéaire remorquée. Renforcée de leur hélicoptère CAIMAN elles sont donc, en matière de lutte anti sous-marine, en mesure non seulement d’assurer leur auto-défense mais aussi d’apporter une contribution significative à l’action conduite par une FREMM, bâtiment dont les capacités sont spécifiquement développées pour ce domaine de lutte tout aussi pointu et exigeant que la défense aérienne.

« LE CŒUR DU METIER ? LES OPÉRATIONS ! »

Témoignage du CC Christophe V.

« Le système de combat d’une frégate de défense aérienne se décompose entre le système de direction de combat (CMS – version actuelle des SENIT), des senseurs (radar LRR1 et conduite de tir EMPAR1, sonar DUBV41, Antenne linéaire remorquée, senseur optronique EOMS NG, Guerre Electronique), des armes (missiles Aster 15 et 301 et MM40/3, canons de 76mm et de 20mm, torpilles MU90 et munitions DAGAIE) et des différents systèmes d’information et de communication (SIC21, L11, L16, Syracuse). Pour permettre la rédaction des consignes de paramétrages du système de combat avant tout départ en mission ou exercice, l’expert doit coordonner et animer les actions préventives et correctives des différents chefs de service du groupement opérations aux fins d’optimiser leurs installations, leur apporter également un soutien technique en cas de problème en validant notamment les choix « bord » ou « industriel » faits. L’état final recherché étant de rendre en tout temps, et en tout lieu, le système de combat de la FDA pleinement disponible et opérationnel pour remplir la mission ordonnée »

1 Elément constitutif du système PAAMS (Principal Anti Air Missile System);

Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale

 

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