Les moyens concourant à la dissuasion nucléaire

Publié le 25 Juin 2015 à 10:09

Divers moyens concourent à la dissuasion nucléaire. Ici, la frégate anti-sous-marine Latouche-Tréville accompagne un SNLE pour son départ en patrouille. © Marine nationale

Complémentarité des moyens nucléaires et des forces conventionnelles

Outre le soutien humain et technique assuré par l’ensemble des organismes à terre, les SNLE bénéficient dans leur mission d’un important soutien opérationnel : les frégates anti-sous-marines d’accompagnement pour les départs et retours de patrouille ; la surveillance terrestre par des compagnies de l’armée de Terre et également par des compagnies de fusiliers marins ; ou encore les organismes de renseignement chargés de fournir les informations nécessaires à la mission.

Enfin, les quatre stations de transmissions de la FOST, chargées de diffuser les informations permettant aux SNLE d’accomplir leurs missions, mais aussi l’ordre de tir, sont une composante à part entière de la dissuasion.

Si les sous-marins nucléaires d’attaque (SNA), les frégates anti-sous-marines (ASM), les avisos, les hélicoptères ASM, les avions de patrouille maritime, les chasseurs de mines ne sont pas des moyens dédiés à la dissuasion, ils concourent à sa mise en œuvre. « Il s’agit de surveiller, détecter et reporter le trafic au large de nos côtes, entre la frange côtière et le grand large, sur plusieurs centaines de kilomètres de large, sous, sur et au-dessus de la mer.[…] Sous la mer, c’est le marquage de l’immense zone « sanctuaire » sous-marine dont la France a la responsabilité, permettant à nos propres sous-marins de se diluer sans entrave dans le silence des océans en toute liberté. 1 »

L’efficacité et l’exhaustivité du dispositif repose sur « la diversité et la complémentarité des moyens engagés et des senseurs qu’ils emportent, dont on choisit tour à tour l’emploi : entre autonomie et vitesse du porteur, entre grande distance de détection et précision des radars de courtes portée, entre efficacité des sonars actifs et discrétion des sonars passifs, entre capacité de vision directe au-dessus de l’eau et invisibilité sous l’eau, entre recherche ciblée d’écoute de fréquence et balayage large etc. »

L’invulnérabilité de la FOST fait ainsi appel à toutes les composantes de la Marine. Le départ en patrouille et le retour d’un SNLE sont ainsi parfaitement orchestrés et mobilisent des moyens variés pour assurer sa protection. Leur but est de permettre au sous-marin de retrouver rapidement ses réflexes avant son départ en patrouille, de s'assurer qu'il effectue les phases d’entrée et de sortie en toute sécurité et qu'il ne fait l'objet d'aucun pistage adverse. Le SNLE est donc un instrument solitaire et autonome pendant son déploiement dans l'immensité de l'océan, mais son invulnérabilité est renforcée par le soutien direct et indirect que lui apportent de nombreux acteurs.

Les centres de transmissions Marine (CTM)

Les CTM concourent à la mise en œuvre des forces nucléaires en garantissant la permanence des transmissions radioélectriques au profit des sous-marins dans les gammes very low frequency VLF/ low frequency LF/ high frequency HF. Ils assurent également des missions au profit de la direction centrale des systèmes d’informations de la Défense (DIRISI).
Ces centres servent de relais ultra-sécurisé des ordres gouvernementaux et des messages du commandement de la FOST vers les sous-marins. La basse fréquence bénéficiant d’une meilleure pénétration dans l’eau, le sous-marin peut émettre et recevoir en toute discrétion, en restant en immersion. Ainsi, c’est la continuité de la posture de dissuasion qui est préservée.

1 CV Jean-Marin d’Hébrail, Dans le secret de la défense en profondeur. Un article à retrouver sur Colsbleus.fr + flashcode vers l’article

Implantations de la FOST

Moyens d’action liés à la dissuasion

Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale

 

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