Composante aéroportée - La force aéronavale nucléaire

Publié le 25 Juin 2015 à 09:44

Du fait de la capacité d’emport du missile nucléaire ASMPA associé au standard F3 des Rafale Marine embarqués, le porte-avions Charles de Gaulle est un outil parfaitement adapté à la mise en œuvre de l’armement nucléaire. © Jacques Tonard / MN

« La composante aéroportée, sous l’égide des Forces aériennes stratégiques, ou embarquée au sein de la Force aéronavale nucléaire quand elle est activée, offre à l’autorité politique un large choix d’options stratégiques et militaires, avec un éventail de modes d’action qui confère une véritable souplesse à l’ensemble du dispositif. »

M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, Discours de clôture du colloque pour les 50 ans de la dissuasion, Paris le 20 novembre 2014

La force aéronavale nucléaire (FANu) est un complément à la composante aéroportée de la dissuasion assurée par les forces aériennes stratégiques (FAS) de l’Armée de l’air. Concrètement, ce complément repose sur la capacité des Rafale Marine au standard F3 de l’aéronautique navale à mettre en œuvre le missile air-sol moyenne portée amélioré (ASMP-A) depuis le porte-avions Charles de Gaulle. Les Rafale Marine sont polyvalents et capables d’assurer cette mission de dissuasion.
À la différence des déploiements de la FOST et de l’alerte des FAS, permanents par essence, la mobilisation de la FANu se fait sur décision du président de la République. Après les FAS et la FOST, respectivement opérationnelles depuis 1964 et 1971, la FANu est venue en 1978 élargir la palette à disposition du président de la République, lui donnant ainsi depuis lors une complémentarité dans les modes d’action.
L’amiral commandant la force d’action navale (ALFAN) exerce les fonctions de commandant de la force aéronavale nucléaire (CFANu). Il dispose en France d’un poste de commandement, le centre d’opérations de la FANu (COFANu). Son rôle consiste à préparer et à suivre l’exécution des ordres émanant du président de la République. La FANu opère donc sous le commandement d’une chaîne semblable à celle de la FOST.

Une force autonome et complémentaire

La FANu, par sa structure et ses moyens techniques et humains, contribue de façon efficace et crédible aux différents aspects de la dissuasion nucléaire française. Elle est « le troisième pilier » de la dissuasion.

Elle bénéficie de la souplesse d’emploi ainsi que du caractère visible du porte-avions Charles de Gaulle, son porteur principal, pouvant aussi bien mener des raids aériens conventionnels que nucléaires, contre une force à la mer ou des objectifs à terre en s’appuyant sur le Rafale Marine, avion multi rôles. Ce dernier dispose en effet d’un rayon d’action supérieur à 1 000 kilomètres à partir du porte-avions. Bénéficiant des moyens de protection les plus perfectionnés, le Rafale Marine permet la navigation au-dessus de l’espace maritime, la pénétration en territoire ennemi et le tir du missile aérobie nucléaire à très basse altitude et à très grande vitesse.

Les moyens humains et matériels de la FANu bénéficient d’une qualification opérationnelle permanente. En effet, n’étant pas dédiés à la dissuasion nucléaire, ils sont prélevés sur le vivier organique « conventionnel ». La très grande majorité des hommes et des équipements de la FANu proviennent ainsi des réservoirs de compétence existants, c’est-à-dire les marins et matériels appartenant aux états-majors de la force d’action navale (ALFAN) et de la force de l’aéronautique navale (ALAVIA), ou au porte-avions Charles de Gaulle et au groupe aérien embarqué (GAé).

La FANu se caractérise par sa complémentarité avec les moyens de l’armée de l’Air et sa polyvalence.

Au titre de la préparation opérationnelle, ALFAN et ALAVIA exercent une tutelle organique conjointe sur ce dispositif dont ils garantissent le niveau d’entraînement du personnel et la disponibilité du matériel. L’essentiel de l’entraînement nécessaire à la qualification opérationnelle de la FANu est effectué lors de missions conventionnelles (vols tactiques, exercices de mécanisation à bord). Des entraînements spécifiques sont organisés régulièrement. 

 

Une base mobile : Le porte-avions Charles de Gaulle

La FANu s’articule autour d’un porteur principal : le porte-avions Charles de Gaulle, qui peut accueillir un groupe aérien comprenant jusqu’à trente-deux Rafale Marine. Son hangar aviation permet d’abriter vingt appareils.

L’appareillage du porte-avions est un message fort. Du fait de sa mobilité, de la possibilité qui lui est donnée d’opérer librement à partir des eaux internationales et de son escorte navale qui lui garantit une protection adéquate, le porte-avions joue un rôle dans la dissuasion. L’aptitude à passer d’une mission conventionnelle à une mission nucléaire préserve la liberté d’action du politique. Le porte-avions renforce ainsi la dissuasion en offrant la possibilité d’une montée en puissance discrète ou ostensible, graduelle et réversible. Il participe également à la mission de dissuasion en tant que vecteur principal de la diplomatie navale déployée en soutien de la politique du gouvernement.

Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale

 

 

 

 

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