GOLFE DE GUINÉE

Publié le 27 Avril 2015 à 14:18

Instruction sécurité au profit de marins congolais lors d’une escale du TCD Siroco à Pointe Noire © Marine nationale / Anne-Flore Caburet

SÉCURISATION CONCERTÉE

En matière de sécurisation du golfe de Guinée et ses approches maritimes, la politique menée par la France dans la région repose sur la souveraineté des États-riverains. La France s’appuie sur les liens que la Marine a su tisser et entretenir depuis 25 ans avec les partenaires de la région, notamment grâce aux missions Corymbe successives, ainsi que sur son expertise et son modèle national en matière d’Action de l’État en Mer (AEM). Elle accompagne ainsi la montée en puissance des marines riveraines et, dans le même temps, elle partage ses savoir-faire en matière d’AEM afin de permettre aux Etats riverains d’assurer eux-mêmes la sécurisation de leurs espaces maritimes.

Le processus de Yaoundé

Juin 2013, le sommet de Yaoundé, au Cameroun, permet l’adoption d’un mémorandum fixant les premiers objectifs du dispositif de la « sûreté et la sécurité dans l’espace maritime de l’Afrique centrale et de l’Afrique de l’Ouest », et les domaines de coopération. Autre mesure concrète de ce sommet, l’adoption d’un code de conduite relatif à « la prévention et à la répression des actes de piraterie, des vols à main armée à l’encontre des navires et des activités maritimes illicites en Afrique de l’Ouest et du Centre ». Un Centre Interrégional de Coordination (CIC) est également créé en septembre 2014 à Yaoundé afin de mettre en œuvre la stratégie régionale de sûreté et de sécurité maritime. Ce sommet a ainsi posé les bases solides d’une coopération régionale en établissant une division claire du travail entre les organisations régionales (chargées de concevoir la stratégie) et les Etats (chargés des opérations). Depuis, le Centre régional de sécurisation maritime de l’Afrique centrale (CRESMAC) a été installé à Pointe-Noire au Congo. Ainsi se dessine l’architecture de la stratégie de sûreté et de sécurité maritime dans le golfe de Guinée.

Marquée lors du sommet de Yaoundé de juin 2013, cette volonté africaine de s’approprier la lutte contre les menaces maritimes a été accompagnée par la France qui a proposé, à l’occasion du sommet de l’Élysée sur la paix et la sécurité en Afrique en décembre 2013, la création d’un collège « action de l’État en mer »(AEM) en Côte d’Ivoire. Cette structure devrait voir le jour au cours du second semestre 2015, sous le nom d’Institut de sécurité maritime interrégional (ISMI). Il s’agit bien d’une volonté africaine soutenue et accompagnée par la Direction de la coopération de sécurité et de défense (DCSD), une direction du Ministère des Affaires étrangères et du Développement international, conduite par le vice-amiral d’escadre Marin Gillier. L’objectif ? Étendre le programme d’Appui à la réforme du secteur de la sécurité maritime (ASECMAR) à l’ensemble des pays du golfe de Guinée.

La DCSD coordonne l’action sur le terrain de treize coopérants (marins et commissaires des armées) – tous spécialistes de l’AEM. Leur rôle consiste, en vue de mettre en œuvre les ambitions du sommet de Yaoundé, à proposer aux pays africains une architecture AEM adaptée à leurs besoins et mettant en synergie toutes les administrations actives en mer (marine, douanes, gendarmerie, affaires maritimes, justice, environnement, protection civile…). Depuis maintenant deux ans et demi, la France propose ce programme à 18 pays du golfe de Guinée. Des coopérations bilatérales sont développées avec 15 d’entre eux. Cette politique porte d’ores et déjà ses fruits.  En effet, l’un des pays côtiers a nommé son préfet maritime en 2012. Trois autres pays du golfe de Guinée ont engagé la même démarche.

Former les marines locales

Au-delà de l’AEM, la France accompagne,   la montée en puissance des marines locales. Les bâtiments engagés dans l’opération Corymbe conduisent des entraînements conjoints, délivrent des enseignements et des formations spécifiques. À terre  comme en mer, les marins français multiplient les Périodes d’instruction opérationnelle (PIO) afin de former les marins africains et d’entretenir les savoir-faire pour qu’ils soient à terme en mesure d’assurer, de manière autonome, la sûreté et la sécurité maritime dans leur zone. En 2014, un peu plus de 200 PIO ont ainsi été menées avec une dizaine de nos partenaires, au profit de plus de 1 200 marins africains. Instructions en mécanique, découverte des différents postes de quart à la machine, de rondier propulsion, formation aux transmissions et aux différents moyens de communication de la passerelle, exercices sécurité (SECUREX), participation aux activités nautiques, plongée, mise en œuvre de la drome pour homme à la mer, entraînements aux visites (VISITEX), c'est-à-dire au contrôle d’un navire par une équipe de visite… l’éventail des actions de formation proposées durant les Périodes d’Instruction Opérationnelle (PIO) est large.

La présence de bâtiments français permet également d’assurer régulièrement des embarquements de marins africains. Le bâtiment Corymbe joue parfois le rôle de « corvette d’instruction » en soutien de l’École Nationale à Vocation Régionale (ENVR) de Bata (Cf. Encadré page suivante). Il embarque un instructeur et des stagiaires afin de mettre en pratique les enseignements reçus au sein de l’ENVR. En mars dernier, 71 stagiaires ont embarqué à bord du TCD Siroco

 

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