L'Étendard et le Super Étendard en 40 anecdotes

Publié le 27 Juin 2014 à 11:22

© Marine nationale

« Appelez-moi Super »

1972. Le Super-Étendard aurait bien pu ne jamais voir le jour. La Marine a contacté des constructeurs américains (Mc Donnell Douglas A-4M Skyhawk II) et testé le Jaguar franco-britannique (version prototype du Jaguar Marine exposé au musée de Rochefort). Mais la volonté de doter l’aéronautique navale d'un avion de construction entièrement française l'emporte finalement. Le 19 janvier 1973, Michel Debré, alors ministre d'État chargé de la Défense Nationale, décide de faire du Super-Étendard l'avion d'arme polyvalent de la Marine nationale.

Première sortie

1974. Jacques Jesberger décolle aux commandes d’un avion sérieusement rajeuni : un nouveau réacteur SNECMA Atar 8K50, sans postcombustion, dérivé du 9K50 des Mirage F1, qui dispose d'une poussée supérieure de 500 kg (poussée totale de 4800 Kg) ce qui permet d'améliorer les performances de montée et les marges de manœuvre. Un emport de charges extérieures accru. Et un système d'armes et de navigation revalorisé. Au cours de cette première sortie, le Super-Étendard monte à 13 400 mètres et atteint Mach 1.18 en léger piqué. Le premier Super-Étendard 01 qui a volé le 28 octobre 1974, est en fait l’Étendard IVM numéro 68, modifié « Super-Étendard ».

Made in France

Dassault éclate la production entre ses différentes usines et plusieurs sous-traitants. C'est ainsi que l'usine de Biarritz fabrique la partie avant du fuselage, le baquet-pilote et l'empennage vertical, celle de Toulouse Colomiers se charge de l'arrière du fuselage et du tronçon situé entre le baquet-pilote et le tronçon-central du fuselage, l'usine de Boulogne fournit les demi-voilures, l'usine d'Argenteuil le caisson central de voilure, celle d'lstres, l'empennage horizontal, Hurel-Dubois (Vélizy) produit le tronçon central du fuselage, la SILAT (Latécoère), les entrées d'air et Reims Aviation fournit des éléments divers comme les trappes de train d'atterrissage et les aérofreins. Tous ces éléments convergent ensuite vers Bordeaux-Mérignac où est fabriquée la partie arrière du fuselage, le châssis-canons et où s'effectue l'assemblage final. Tous les Super-Étendard ont été construits entre 1978 et 1981.

1974 : « Cette année-là »
1974 marque la première édition du festival de la BD d’Angoulème. L’année de la naissance du Super-Étendard, le groupe Abba remporte l’Eurovision avec son tube Waterloo. Dans le même temps, Volkswagen lance la Golf et Valéry Giscard d’Estaing est élu président de la République française. En 1974, l’Inde devient la 6ème nation à posséder la bombe atomique, tandis qu’éclate le scandale du Watergate aux États-Unis. Pas de quoi déstabiliser Björn Borg, qui devient le plus jeune joueur à remporter Roland Garros à l’âge de 18 ans.

Jumeaux célèbres

Nés en 1974, ils ont le même âge que les Super-Étendard : Jenna Jameson, Leonardo di Caprio et Pénélope Cruz (acteurs), James Blunt, Anggun, Laura Pausini, Doc Gynéco et Robbie Williams (chanteurs), Olivier Besancenot (homme politique), Cyril Hanouna et Marie Drucker (animateur, journaliste) et quelques autres comme la Playmate Angel Boris ou le mannequin Kate Moss, dont les « Marins du ciel » auraient sans doute apprécié de retrouver les courbes peintes sur le fuselage de leurs aéronefs.

Essais

Juillet 75. Après l’entraînement aux Appontages simulés sur piste (ASSP) des quatre pilotes (Jacques Jesberger et Pierre Varaut pour Dassault, le CC Jean-Pierre Robillard, officier de marque et le LV Maurice Argouse pour le Centre d’essais en vol), les premiers essais d’appontage et de catapultages des prototypes 01 et 03 ont lieu à bord du Clémenceau . Le premier avion à apponter est le 01, piloté par Pierre Varaut.
Pas moins de 9 campagnes d’essais sont réalisées à bord du Clémenceau et du « Foch », entre le 30 juin 1975 et le 8 juillet 1982.

Flottilles

À partir de 1978, le Super-Étendard remplace l'Étendard IVM au sein du groupe aérien embarqué des porte-avions Clémenceau et Foch. Puis on retrouve les SEM à bord du porte-avions « Charles de Gaulle ». Hormis la deuxième escadrille argentine, les Super-Étendard ont armé les Flottilles 11F (1978 jusqu’en 2011), 14F (1979 jusqu’en 1991) et 17F (depuis 1980), ainsi que l’escadrille 59S (1991-1997) (formation des pilotes de chasse).

Opérationnelles

La première flottille opérationnelle est la 11F à Landivisiau le 4 septembre 1978. Puis viennent les « pirates » la 14 F. La flottille 14F abandonne ses Crusader pour être déclarée opérationnelle sur Super-Étendard (SUE) le 1er juin 1979, toujours à Landivisiau. Enfin la 17F d’Hyères est déclarée opérationnelle le 5 septembre 1980. L’escadrille de transformation opérationnelle 59S lâchera elle aussi ses IVM pour passer sur SUE en 1991. Dès lors la Marine dispose d’environ 45 SUE en ligne affectés en trois flottilles opérationnelles plus une escadrille dite de servitude.

Premières

Dassault-Aviation livre un avion par mois et dès le 24 novembre 1978, les Super-Étendard n°3 à 7 participent à leur première campagne d’essais sur le  Foch . L’arrivée du Super-Étendard signifie pour les deux porte-avions une refonte portant sur la modernisation des équipements de contre-mesure électronique, les ateliers, les soutes à munitions (stockage des Exocet et de l’AN 52).

Barres transversales

Le premier embarquement du Super-Étendard a eu lieu sur le  Foch  du 4 au 8 décembre 1978, essentiellement pour qualifier dix pilotes à l'appontage de jour. La nouveauté était d'utiliser le viseur au lieu du miroir et on avait peint sur le pont une mire d'appontage constituée de deux barres transversales blanches.

Polyvalent

Le Super-Étendard est un avion capable d’effectuer diverses missions : assaut contre la terre, assaut à la mer, appui feu de troupes au sol et interception aérienne, dissuasion nucléaire, reconnaissance.


Montage d’une bombe guidée laser (GBU) sous les ailes du SEM

In Memoriam

8 pilotes et 2 techniciens morts en service sur Super-Étendard et sur Super-Étendard modernisé. Cols Bleus leur rend hommage dans cette brève : MT Dauphin- 14F (1980), EV1 Vedrine – 17F (1980), LV Saldès – 17F (1982), OT1 Gascon – 14F (1982), LTT Kamal - Irak (1984), PM Michel Le Scanff – 14F (porté disparu en 1987), CF François Barthes – 11F (1988), SM Brugnot – 17F (1993), QM Euzenat – 11F (2007), CC Sébastien Lhéritier – 11F (2008).

Couteau suisse

Le Super-Étendard est souvent qualifié affectueusement de « couteau suisse de l’aéronautique navale » : capable de conduire diverses missions, mais seulement une à la fois. Le Rafale M est qualifié par opposition de « Multirôle », puisque capable de mettre en œuvre simultanément plusieurs de ses capacités.

Tu l’as vu ?

L’arrière du fuselage du Super-Étendard a reçu le doux nom de « croupion ». Plus  techniquement,  l’arrière de l’appareil est un « rostre démontable ». On imagine sans peine les plaisanteries douteuses que ce nom de baptême a pu générer au fil des ans…

Jumeaux argentins

En juillet 1979 la junte argentine commande 14 Super-Étendard pour équiper la 2e Escuadra Aeronaval de Puerto Belgrano amenée à opérer sur le porte-avions 25 de Mayo en cours de refonte pour l’occasion. Les avions sont au standard Marine nationale. Les pilotes argentins ont acquis une très solide expérience sur Skyhawk au sein de la 2e Escuadra Aeronaval. Ils représentent la crème de la Marine argentine et le prouveront en mai 1982 lors de la guerre des Malouines. Les SUE 202 et 203 attaquèrent le bâtiment britannique HMS  Sheffield  ; le 203 et le 204 furent impliqués dans la destruction du navire MV Atlantic Conveyor. L’Argentine n’a pas fait évoluer ses Super-Étendard depuis leur livraison étalée de 1980 à 1982 .

Hiboux 

En janvier 1980, le CF Argouse, pacha de la 11F, et son second, le CC Feuilloy effectuent les premiers appontages de nuit du Super-Étendard.

Quatre-vingt, quatre crashs

Le 17 avril 1980, le Super-Étendard n°36 de la 14.F se crashe. Le 25 juillet de la même année, c'est le Super-Étendard n°21 qui est accidenté. La série des accidents continue, avec le crash du Super-Étendard n°36, le 16 juin 1982. Enfin, le 16 février 1983, le Super-Étendard n°22 de la 14.F est accidenté lors d'un appontage de nuit avec incendie sur le pont du porte-avions Foch. Le pilote, le PM Grossetête de la 11F est sauf.

Perdus de vue

24 Super-Étendard et Super-Étendard modernisé sur les 71 ont connu des fins « brutales » en vol ou lors des phases de catapultages et appontages. En cause : des collisions aviaires, des décrochages ou encore des avaries techniques. 16 pilotes sont sortis sains et saufs de ces accidents.

10.000, 24.000 et 100.000ème

Le 20 janvier 1987, un Super-Étendard de la 14.F réalise le 100.000e appontage sur le Clemenceau. Le 11 mai 2004, le Charles de Gaulle  enregistre le 10.000e appontage à bord. Le 27 novembre 2010, le porte-avions connaît son 24 000ème appontage. C'est à nouveau un Super-Étendard modernisé qui a eu l'honneur de franchir ce seuil.

Un de chute en Irak

Février 1983. Pour se familiariser avec le système d’armes complexe des Mirage F1 EQ5 qu’elle vient de commander, l’armée de l’Air irakienne sollicite le prêt de Super-Étendard. En mai 1983, cinq avions sont prélevés sur les stocks de la Marine nationale et expédiés en Irak (les 65 à 69). Quatre seulement feront leur retour au pays, l’un d’entre eux  (67) ayant été abattu en vol le 2 avril 1984 par un F-4E Iranien.

Déroutement massif

Le 4 mai 2005, le groupe aéronaval constitué autour du porte-avions Charles de Gaulle appareille du port militaire de Toulon pour une mission de deux mois en Atlantique et en Manche. Au cours de ce déploiement, des interactions entre groupes de porte-avions sont prévues avec l’U.S. Navy dans la continuité des exercices et des opérations menées au cours des dernières années. Des entraînements sont également conduits avec la marine canadienne qui mettra en œuvre un nombre important de bâtiments et d’aéronefs. Des escales sont prévues aux États-Unis, à Norfolk du 27 mai au 1er juin pour le porte-avions et le sous-marin et à New York 27 mai au 2 juin pour les autres bâtiments. L’ensemble du groupe se rend ensuite au Canada, pour une escale du 8 au 13 juin à Halifax. Le 2 juin, neuf Super-Étendard et un E-2C Hawkeye sont déroutés en raison des conditions atmosphériques qui les empêchent de rejoindre le porte-avions. Contraints de se dérouter vers la terre, les aéronefs français lancent un appel en "emergency", mais se voient refuser l’autorisation de se poser sur la base militaire de Mac Guire, dans le New Jersey. Ils obtiennent finalement, l’autorisation de se poser sur l’aéroport civil d’Atlantic City, au plus grand plaisir de la population et des médias locaux. Une équipe de mécaniciens est alors dépêchée du Charles de Gaulle à bord d’un hélicoptère Puma de l’armée de Terre, pour procéder à leur remise en route.

GAETAN

Pendant la période d’Indisponibilité Pour Entretien et Réparation (IPER) du « Charles de Gaulle » en 2007, l’organisation GAETAN ou Groupe Aérien à Terre de l’Aéronautique Navale est créée pour se substituer à l’organisation habituelle du groupe aérien. Il est composé d’un noyau de 6 Super-Étendard modernisés (SEM), 4 Rafale M et 1 E-2C Hawkeye et regroupe 150 personnes provenant de chaque flottille (pilotes et techniciens). Les capacités opérationnelles des flottilles sont conservées à partir de la terre et en fonction des besoins et sur ordre du chef d’état-major des armées des détachements peuvent être engagés sur les théâtres d’opérations extérieurs.

Vous avez demandé le standard…

Pour permettre au Super-Étendard de remplir ses missions dans un environnement opérationnel de plus en plus exigeant, des améliorations ont lui ont été apportées au fil du temps et ont été regroupées dans des standards (Standard 2, 3, 4 et enfin 5).

À partir de 1992, date de l'apparition du standard 2, l’avion aux capacités opérationnelles fortement accrues prend l'appellation de Super-Étendard modernisé (SEM). Le standard 3 (1997) permet ensuite le tir par guidage laser (emport du pod Atlis monté sous le fuselage). Le standard 4 (2000) améliore pour sa part dans la foulée le système d'autoprotection contre les missiles antiaériens et l'autonomie de l'avion pour le tir d'armes à guidage laser. Il permet aussi l'emport du pod CRM 280, qui permet à l'avion d’effectuer des missions de reconnaissance aérienne (anciennement dévolues aux Etendard IV P retirés du service en 2000). Enfin, le standard 5 (2006) permet de nombreuses améliorations, comme la capacité d'attaque de nuit (nacelle de désignation Damoclès), l’intégration du FLIR (Forward Looking InfraRed), ou encore le traitement bas niveau de lumière (BNL) de la cabine pour navigation de nuit sous jumelles de vision nocturne (JVN).


SEM au standard 5

Super-Étendard modernisé

La 11F reçoit ses trois premiers SEM le 8 février 1994, elle est transformée sur Super-Étendard modernisé à partir du 27 novembre 1995.


 

Opérations

Depuis les porte-avions Foch et Clémenceau, le Super-Étendard prend part à diverses opérations conduites par la France : Olifant (Guerre civile au Liban en 1983 et 1984), Prométhée en 1988 (Guerre Iran-Irak), Capselle en 1989 (Liban), Alerte Irak en 1991 (Irak), Balbuzard et Salamandre (ex-Yougoslavie) de 1993 à 1995, Trident (Kosovo) en 1998-1999. Puis c’est depuis le porte-avions Charles de Gaulle que le Super-Étendard modernisé poursuit sa brillante carrière : Héraclès et Agapanthe (Afghanistan) de 2001 à 2010 ou encore Harmattan (Libye) en 2011.

 

Nucléaire

Qualifiée flottille nucléaire depuis le 1er janvier 1985, la 17F effectue le premier tir opérationnel d’un missile ASMP le 10 octobre 1988 à partir du porte-avions Foch . En juin 1989, la 11F reçoit le missile à tête nucléaire ASMP qui renforce sa vocation nucléaire préstratégique.

À terre comme en mer

De juin à octobre 2008, un détachement de Super-Étendard modernisé est déployé sur la base aérienne de Kandahar, dans le sud de l’Afghanistan. Si depuis 2001, les SEM de l'aéronautique navale interviennent régulièrement sur ce théâtre d'opérations à partir du porte-avions Charles de Gaulle , c'est la première fois qu'ils opèrent depuis une base terrestre. Les 8 avions qui se sont relayés à Kandahar, avec la livrée gris claire « Kandahar », sont les SEM : 1, 8, 17, 24, 31, 41, 51 et 61. La première « bordée » est envoyée pour relever trois Rafale de l’escadron de chasse 1/7 Provence de l'Armée de l'air, dans le cadre de l'opération Serpentaire. Ils ont effectué des missions de reconnaissance au profit de la coalition, la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF). Après environ 88 sorties représentant 387 heures de vol, les SEM de la flottille 17.F rentrent de déploiement fin juillet. Afin d’assurer leur relève, les SEM de la deuxième bordée se posent le 27 juillet en Afghanistan. Après avoir effectué 244 sorties représentant 930 heures de vol et 180 missions dont 119 d’appui aérien rapproché, ils quittent le pays en octobre et sont relevés par trois Mirage 2000 D des escadrons 2/3 Champagne et 3/3 Ardennes de l'armée de l'Air.

« Blasés »

10, 33, 37, 43, 44, 65. Ce ne sont pas les numéros gagnants du prochain tirage du loto. Il s’agit des numéros de série des Super-Étendard qui opéraient depuis le porte-avions Charles de Gaulle au large de la Libye. Leur spécificité ? Ils associent leur numéro de série avec un département et sa préfecture. Les traditions ont toujours joué un grand rôle au sein des flottilles. Celle-ci est réapparue en 2009, à l’initiative du commandant de la 17F. Les SEM 10, 33, 37, 43, 65 et 44 arboraient donc fièrement durant l’opération Harmattan les blasons de l’Aube, de la Gironde, de l’Indre et Loire, de la Haute-Loire, des Hautes Pyrénées et de la Loire-Atlantique, associés aux noms de Troyes, Bordeaux, Tours, Le Puy-en-Velay, Tarbes et Nantes.

 

Et le Tigre est en toi !

À meeting pas comme les autres, livrée pas comme les autres…  À l’occasion du meeting aérien annuel de l’OTAN « Tiger Meet », les SEM de la 11F troquent régulièrement leur traditionnelle robe camouflée grise et kaki pour une parure nettement plus osée… La 11F a participé à son premier Tiger Meet durant l'été 1979 à Cambrai en France. Seule flottille de l’aéronavale faisant partie des « NATO Tigers », la 11F a organisé pour la première fois - et la seule jusqu’à présent - le Tiger Meet en 2008 à Landivisiau. Dans le même temps, les SEM de la 17F, toutes griffes dehors,  guerroyaient à Kandahar … La polyvalence du « Marin du ciel » !

Que sont-ils devenus ?

Les Super-Étendard 01, 02 et 03 étaient des prototypes. Les Super-Étendard 1, 2 et 3 étaient les premiers avions de série. Le Super-Étendard 01 est devenu cellule d'instruction sur la base d’aéronautique navale (BAN) de Landivisiau avant d’être transformé en stèle au Centre d’essais aéronautique de Toulouse (CEAT). Le second prototype (02) a connu un destin assez proche : envoyé comme cellule d'instruction sur la BAN de Rochefort (École des Mécaniciens), il  est transféré au Musée des Traditions de l'aéronautique navale situé sur la même base. Quant au Super-Étendard 03, il a été retransformé en Étendard IVM n°13.

Livrées

Quelle est la couleur du SEM camouflé gris et kaki ? Gris et kaki ? Oui, mais pas que… Les Super-Étendard ont eu de nombreuses livrées (peintures extérieures), pour des raisons opérationnelles, mais aussi pour des motifs de rayonnement et de commémoration.

Ainsi, les livrées principales opérationnelles ont été un blanc/bleu jusque dans les années 1990, puis une livrée gris 2 tons qu’ils possèdent toujours. La livrée de guerre « gris souris » a marqué le détachement de Kandahar en 2008, pendant que les livrées de rayonnement « Tiger Meet » se sont succédées en 1986,1997, 2003, 2007 et 2008. Par ailleurs, des livrées de commémorations ont été effectuées à certaines occasions, notamment pour les 80 ans de la Flottille 11F(2002), pour le centenaire de l’aéronautique navale (2010) et pour les 40 ans du Super-Étendard (2014). Enfin, une livrée de présentation « sable » fut exposé en 1987 au salon du Bourget, afin d’attirer les acheteurs étrangers.

Le SEM en bande dessinée

Dans « Mystère en Antarctique », bande dessinée de la série Buck Danny par Francis Bergèse, (Dupuis 2005), le Super-Étendard fait une apparition. Il est aussi l’avion vedette de deux autres bandes dessinées : dans les douze premiers albums de la série « Mission Kimono » (Jean-Yves Brouard et Francis Nicole, JYB Aventures, 2001/2011) et « L’Enigme W » de Pierre Brochard et Daniel Chauvin chez Fleurus en 1986)

Eyjafjallajökull

Durant la mission « Brilliant Mariner » en 2010, le porte-avions Charles de Gaulle croise dans la mer du Nord. L’éruption du volcan islandais Eyjafjallajökull oblige le porte-avions à remonter très au nord afin de trouver des terrains de déroutement non impactés par le nuage de cendres volcaniques. Ce déroutement aura pour conséquences de faire passer le cercle arctique au porte-avions et, par conséquence, de faire voler des Super-Étendard modernisé (et des Rafale) au-dessus du cercle polaire. Un logo spécifique est apposé sur les SEM ayant effectué ces vols nordiques.

Le SEM prend la route

À l’été 2012, la base d’aéronautique navale de Landivisiau participe au rayonnement de la Marine en délocalisant un Super-Étendard modernisé pour exposition statique dans l’arsenal de Brest. Ainsi, c’est par voie routière, démonté sur un camion, que le SEM 30 (avion réformé) est acheminé dans l’arsenal pour participer aux fêtes de la voile de BREST 2012. Il est ramené à Landivisiau par la même voie.

TAG on board

Régulièrement, les chasseurs de l’aéronavale effectuent des présentations à l’appontage sur les porte-avions américains lors de PASSEX et d’exercices conjoints. Les Super-Étendard modernisé ont donc eu l’occasion  à de nombreuses reprises d’effectuer des TAG (Touch and Go) sur des porte-avions US, mais sans jamais apponter sur l’un d’entre eux. En effet, si l’appontage est possible pour le SEM, le catapultage ne l’est pas. En cause, des installations aviations non adaptées à cet aéronef. Le Rafale quant à lui peut aisément apponter et être catapulté par les catapultes américaines, identiques à celles du porte-avions Charles de Gaulle.

Passe ton patch d’à bord

La force de l’aéronautique navale - et notamment le groupe aérien embarqué - a toujours été friande des articles de tradition. Ses acteurs ont souvent voulu commémorer des missions ou évènements par l'édition de patchs brodés, afin de pouvoir les exhiber fièrement sur les combinaisons de vol. Le Super-Étendard a donc été repris de nombreuses fois en broderie afin de décorer les tenues, tout en marquant l'histoire des flottilles de chasse. Evidemment, les 40 ans du Super-Étendard ne font pas exception et seront aussi gravés dans la grande série des patchs de tradition. Avec une touche d’humour utilisant les trigrammes du Super-Étendard (SUE) et du Super-Étendard modernisé (SEM) : « 40 ans qu’on SUE, 40 ans qu’on SEM ».

Grades

Jusque dans les années 1990, les pilotes issus de l’École navale étaient officiers, et les pilotes issus d’un recrutement direct (aujourd’hui les EOPAN) effectuaient leur carrière en tant qu’officiers mariniers. Dans les années 1990, les Armées ont décidé que les pilotes d’aéronefs, commandants de bord, devaient posséder le statut d’officier, au regard des responsabilités endossées durant les vols. Ainsi, les officiers mariniers pilotes ont progressivement changé de statut sur une période de 6 à 7 ans. Un changement de statut et de grade qui s’effectuait après un passage à l’École Navale. Ainsi,  l’actuel commandant du groupe aérien embarqué (COMGAé), le capitaine de vaisseau Aymard, est issu de cette filière. Il a été officier marinier pilote, puis officier pilote. C’est l’un des plus ancien pilotes de Super-Étendard encore en activité, avec 2 500 heures de vol.

La 17F se laisse « poustache »

Lors de l’opération Bois-Belleau (2013-2014), sur le porte-avions Charles de Gaulle, tous les officiers de la Flottille 17F se sont laissés pousser la moustache, pour commémorer dignement les 40 ans du Super-Étendard et poser dans une attitude un peu plus « vintage » qu’à la normale.

Trait d’humour

Depuis une quinzaine d'année, un technicien travaillant sur Super-Étendard s'amuse à croquer des scènes de vie autour de cet avion. Son coup de crayon, son style caractéristique et son humour décapant et toujours bon enfant en ont fait une référence d'actualité dans le monde des chasseurs de Landivisiau. Son art commence à s'appliquer au Rafale, actualité aéronautique oblige !

 

À la Une :

Super-Étendard et Super-Étendard modernisé ont eu les honneurs de la Une de Cols Bleus à plusieurs reprises. Rappel en images.

 

Source: Marine nationale
Droits: Marine nationale

 

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