16 mai 2018, le chantier du Charles de Gaulle se poursuit désormais à flot

Publié le 16 Mai 2018 à 16:54

© Marine nationale

Février 2017 : après 30 tours du monde, 41 000 catapultages et plus de quinze années de missions opérationnelles, le porte-avions « Charles de Gaulle » entre au bassin pour débuter sa refonte à mi- vie, destinée à lui garantir son excellence opérationnelle pendant les 20 prochaines années. En quittant le bassin ce 16 mai 2018, le chantier va désormais se poursuivre à flot pour encore quelques mois.

Cette sortie du bassin est un jalon important qui va permettre de mener certains essais directement à flot.

Les travaux se poursuivent tandis que les essais des installations commencent

De la propulsion au système de combat, en passant par les ateliers de maintenance aéronautique, toutes les installations du porte-avions sont concernées pour redonner au porte-avions du potentiel pour les deux décennies à venir.

La rénovation du système de combat :

Cet arrêt majeur est l’occasion de déployer le Système de Direction de Combat SENIT 8 tout en réaménageant le « Central Opérations » : c’est donc un gain capacitaire indéniable qui est mis à la disposition des missions futures.

Les radars et dispositifs connexes font aussi un saut capacitaire : le SMART S (surveillance aérienne et surface - Thalès) améliore la portée du DRBJ-11B tandis que le « SCANTER 6002 » remplace le radar de navigation « DRBN-34 ».

Au sein de la passerelle de défense à vue qui elle aussi a été entièrement réaménagée, c’est un nouveau système optronique multifonction, l’EOMS NG (Safran) qui a été installé.

Ces évolutions sont conduites avec une maîtrise renforcée du risque « cyber », un protocole complet de validation des nouveaux systèmes d’information étant conduit dans le même temps.

 

Le Passage au « Tout Rafale » :

Pour les installations AVIATION, un des enjeux clés de cet arrêt technique est le passage au « tout Rafale », suite au retrait du service actif du Super Etendard Modernisé dans la Marine. Les bancs d’essais dédiés à ce dernier ont donc été démontés, désormais remplacés par des bancs d’essais Rafale, en optimisant l’espace dédié à la maintenance.

Sur le pont d’envol, les grands dispositifs d’aide à l’appontage des avions, ont, eux aussi, connu des changements, notamment l’optique principale d’appontage (ou miroir d’appontage). Une nouvelle optique d’appontage IFLOLS (Improved Fresnel Lens Optical Landing System) est installée. Par ailleurs, le Dispositif d’Aide à l’appontage LASer (DALAS) est remplacé et la plate-forme « Officier d’Appontage » (PFOA) profondément modernisée.

La modernisation de la « plate-forme »

Concernant la stabilité du pont d’envol, le Système Automatique de TRAnquillisation et de Pilotage (SATRAP) regroupant 4 ailerons de stabilisation, 2 gouvernails et 12 trains COGITE (Compensation de la GITE) a été entièrement révisé pour continuer à garantir les activités aériennes par gros temps.

La modernisation des équipements et le rechargement du combustible nucléaire des deux chaufferies :

Le combustible des deux chaufferies nucléaires a été remplacé, permettant au porte-avions de regagner une autonomie en mer pour les missions à venir au cours des prochaines années. Ce rechargement des cœurs a été aussi l’occasion de vérifier et valider les circuits alimentant les chaudières.

Dans tous ces domaines, les travaux se poursuivent et le processus de vérification a déjà été initié : Déjà, les essais qui pouvaient être réalisées au bassin ont été lancés. Ils vont se poursuivre d’abord à quai puis en mer. En premier lieu, ce sont les capacités de navigation du porte-avions qui seront validées, puis les installations liées aux aéronefs et, enfin, le système de combat.

 

Maintien des compétences et remontée en puissance

En parallèle des travaux, l’équipage du porte-avions a aussi suivi des formations pour valider les compétences nécessaires à la conduite de ces nouveaux systèmes de navigation et de combat.

Les formations en simulateur vont désormais davantage laisser la place aux différentes activités d’entraînement à bord avec, en perspective, la validation des qualifications de l’équipage. Cette phase commence alors même que le groupe aérien embarqué (Gaé) maintient ses compétences opérationnelles grâce à des missions d’entraînement avec nos alliés américains dans le cadre de l’opération « Chesapeake » : 350 marins / 12 Rafale sont à bord du porte-avions USS George H.W. Bush, au large de Norfolk. Le Gaé participera cet automne aux phases de qualifications de ses pilotes à bord du Charles de Gaulle.

C’est donc un équipage très motivé qui poursuit le chantier et continue la phase de remontée en puissance du bâtiment.

 

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