L’École de maistrance en 2018 - Une école, deux sites

Publié le 21 Mars 2018 à 17:13

© JEAN-PHILIPPE PONS/MN

L’École de maistrance forme et génère l’ossature des effectifs de la Marine. En 2018, elle ouvrira une nouvelle antenne au Pôle Écoles Méditerranée (PEM) de Saint-Mandrier dans le but de renforcer leur nombre (1 250 espérés en 2023, contre 850 actuellement) et s’ancrer sur la façade méditerranéenne, où de nombreux marins sont présents. Un avantage aussi bénéfique pour le centre d’instruction naval (CIN) de Brest, dont la capacité d’accueil a été atteinte.

 

Capitaine de vaisseau Marc Reina, commandant le centre d’instruction naval de Brest 

© Jonathan BELLENAND/MN - Capitaine de vaisseau Marc Reina, commandant le centre d’instruction naval de Brest.

« L’École de maistrance forme depuis plus d’un demi-siècle la maistrance, c’est-à-dire le corps des officiers mariniers de la Marine, ossature de ses équipages. Son format actuel date de 1988. Pour répondre aux enjeux d’un monde toujours plus instable, la Marine conduit une politique de recrutement particulièrement dynamique. Déployant des technologies et des systèmes d’armes modernes qui requièrent des marins hautement qualifiés pour leur mise en œuvre, il est primordial de se doter d’un corps d’officiers mariniers solidement formés, assurant ainsi la robustesse de ses équipages. Ces marins doivent pouvoir répondre aux exigences des équipements actuels mais aussi s’adapter aux systèmes futurs. 

L’École de maistrance occupe une position stratégique dans le système de formation de la Marine : elle accueille et forme les officiers mariniers destinés à assumer des responsabilités importantes au sein des futurs équipages. 

Cette formation comprend des enseignements purement académiques, des connaissances fondamentales dans le domaine maritime et dans celui de la sécurité classique et enfin des connaissances dans les règlements et activités militaires. Elle se déroule au sein du campus naval du centre d’instruction naval (CIN) de Brest. Son objectif principal est de transmettre aux jeunes français et françaises le savoir-être militaire et maritime nécessaire à une carrière réussie dans les fonctions de cadre intermédiaire d’une Marine en plein renouvellement de ses équipements. 

Dans leurs dimensions actuelles, les infrastructures du site du CIN de Brest ne permettent pas d’absorber la hausse programmée du nombre de recrues. La décision a donc été prise d’ouvrir une antenne de l’École de maistrance à Saint-Mandrier à compter de la rentrée 2018. 

Cette antenne proposera des enseignements et une structure de fonctionnement identiques à ceux existant à Brest. Il s’agit d’une seule et même école, implantée sur deux sites de la Marine. Les cadres seront en effet placés sous l’autorité du directeur de l’école servant à Brest, garantissant ainsi la cohérence de la formation délivrée. 

Aussi, le programme et l’ensemble des moments solennels seront identiques en tous points afin de créer un esprit d’appartenance à « la maistrance », commun à tous les officiers mariniers. À la fin de leur cursus de 4 mois à Brest ou dans un proche avenir à Toulon, les élèves maistranciers rejoindront leur école de spécialité avant d’intégrer les forces pour une durée de 10 ans. C’est là qu’ils mettront pleinement en pratique les savoirs, savoir-être et savoir-faire acquis lors de leur passage à maistrance.

L’École de maistrance est le creuset où l’on forme une grande part des officiers mariniers. Actuellement un officier marinier sur deux a commencé sa vie de marin sur ses bancs. Il est important que perdure cet esprit d’équipage, créé en nos murs depuis tant d’années, et qui fait la force et la cohésion des équipages des unités opérationnelles de la Marine. »  

© JEAN-PHILIPPE PONS/MN - Le 3 avril 2017, après l’appareillage du bâtiment école Lion à la base navale de Brest, les élèves de l’École
de maistrance, au poste de manoeuvre, rangent les aussières dans le cadre d’un cours pratique de
navigation. Un membre d’équipage expérimenté initie un maistrancier au matelotage.

 

 

 

 

 

Témoignages

Élève maistrancier Yan-Vary, mécanicien d’armes

 

© SÉBASTIEN FERRES/MN

« Je m’appelle Yan-Vary, prénom hérité de mes origines bretonnes, et je viens juste d’avoir 18 ans. Titulaire d’un bac ES (économique et social), je suis, depuis début octobre, en formation à l’École de maistrance où je me suis engagé dans la spécialité de technicien d’armes et de munitions (MEARM pour mécanicien d’armes).

Mes quatre mois de formation initiale à l’École de maistrance vont bientôt s’achever, je peux donc en tirer un bilan : j’en ressors vraiment changé. J’ai appris ici à devenir un marin et un militaire, tant par l’apprentissage des règles du comportement à adopter, que par les savoirs académiques et militaires et les travaux pratiques qui m’ont été enseignés. Ici, nous apprenons le régime de quart, la veille à son poste, les premiers gestes à effectuer lors d’un sinistre. Je saurai donc comment me comporter lorsque je monterai à bord de mon premier bâtiment. 

Les cours dispensés par des professeurs détachés de l’Éducation nationale, les interactions avec des instructeurs issus des unités opérationnelles de la Marine et les visites de bases navales, aéronavales et sous-marines m’ont permis de mûrir mon parcours.

La sortie d’aguerrissement a constitué le moment le plus fort : en environnement hostile, chacun se révèle, chacun donne de lui-même. Nous sommes tombés ensemble et nous nous sommes relevés ensemble, grâce aux valeurs de la Marine. Cela m’a permis d’expérimenter concrètement l’importance de la cohésion, de l’esprit d’équipage dans la difficulté.  »

 

PM Alexis, électromécanicien

© DENIS DEMARIA /MN

«  Engagé depuis septembre 2008, je suis actuellement électromécanicien de propulsion navale (EMPRO) sur le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Émeraude. J’ai fait le choix d’intégrer l’École de maistrance pour devenir atomicien au sein des forces sous-marines, 

motivé par la complexité des compétences 

et les responsabilités qui y sont liées. 

Avant d’accéder au poste d’EMPRO, plusieurs étapes ont rythmé mon parcours de formation après maistrance : déploiements sur différents postes sur sous-marin pour acquérir l’expérience nécessaire et compléter mes savoir-faire, et cours à l’École des applications militaires de l’énergie atomique (EAMEA) à Cherbourg. L’École de maistrance m’a apporté les fondements nécessaires pour devenir progressivement expert dans ma spécialité. Plus globalement, j’ai pu acquérir les compétences et le savoir-être indispensables aux fonctions d’encadrement dans le métier de militaire et de marin. »

 

À retenir

Antenne école de Maistrance Saint-Mandrier

Pourquoi une nouvelle antenne ? 

Pour former plus d’officiers mariniers dont la Marine a besoin (objectif de 1 250 par an d’ici 2023, contre 850 actuellement), alors que la capacité d’accueil maximum a été atteinte au CIN de Brest.

Pourquoi à Saint-Mandrier ?

Parce que des ressources pédagogiques sont déjà en place (salles de classe, stands de tir, plateformes d’instruction, instructeurs).

 

La création de cette antenne permettra de diminuer le nombre d’élèves par section en répartissant la promotion sur deux sites, et de dégager de la place au CIN de Brest pour que l’école puisse mettre en place d’autres formations stratégiques pour la Marine dans les années à venir.

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